14 mai 2018

8h15- L'invité de Patrick Cohen
“La France n’a pas été assez vigilante dans l’accueil des réfugiés tchétchènes”

Alexandre Orlov, ancien ambassadeur de Russie en France, a estimé au micro d’Europe 1 que les autorités françaises ont été trop indulgentes envers les réfugiés tchétchènes auxquels l’asile était accordé trop facilement.

Alors que l’enquête se poursuit sur l’attaque au couteau perpétrée samedi soir à Paris par un Tchétchène naturalisé Français, au cours de laquelle un homme est mort, Alexandre Orlov, ancien ambassadeur de Russie en France de 2008 à 2017 a estimé sur Europe 1 que les autorités françaises ont parfois fait preuve de trop d’indulgence dans l’accueil de réfugiés tchétchènes

“Quand j’étais encore ambassadeur, Je trouvais que les autorités donnaient à ces familles [tchétchènes] l’asile trop facilement. Elles disaient qu’elles étaient persécutées politiquement en Tchétchénie. On voit les conséquences”, a expliqué l’ancien diplomate. “Moi je pense qu’il faut être plus strict, plus sévère quand on accorde l’asile politique à qui que ce soit”. “Il y a parmi les familles des gens qui ont des passés un peu douteux”, ajoute Alexandre Orlov estimant que la France a manqué de vigilance dans l’accueil des réfugiés tchétchènes. 

Un homme né en Tchétchénie et naturalisé Français en 2010. Né en Tchétchénie en 1997, Khamsat A., l’assaillant qui a tué un passant samedi soir à Paris, avait été naturalisé Français en 2010 suite à la naturalisation de sa mère. D’abord installé à Strasbourg avec ses parents, il a déménagé avec sa famille à Paris l’année dernière. Fiché S, une vidéo mettant en scène son allégeance à l’État islamique a été diffusée dimanche soir par Amaq. “Dans les années 200 la Russie était touchée par le terrorisme tchétchène”, rappelle Alexandre Orlov. “Mais le phénomène est passé de la Tchétchénie à d’autres régions du monde”, ajoute-t-il.

Alors que l’actuel dirigeant de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov a affirmé que “toute la responsabilité” de l’attaque au couteau revenait à la France, l’ancien ambassadeur a indiqué que cette position n’était pas celle de Russie.