27 mars 2019

Abd al Malik : “La France, l’Europe, de grands peuples capables de se réinventer positivement”

Dans cette période “où on a l’impression que des leaders populistes peuvent nous sauver”, Abd al Malik appelle sur Europe 1 “à faire peuple et à trouver ce qui nous unit véritablement”.

INTERVIEW

C’est un tableau qui a inspiré Abd al Malik pour écrire le livre qu’il publie mercredi, accompagné d’un album, Le jeune noir à l’épée. Ce tableau, de Pierre Puvis de Chavannes, est justement baptisé Le jeune noir à l’épée. “Ça a été un bouleversement”, confie le slameur et essayiste au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1. D’après lui, cette “œuvre du 19ème siècle fait du lien aujourd’hui au 21ème siècle”.

“On doit tous travailler à faire peuple.” “On a un jeune noir qui est là, mais il aurait pu être blanc. Il nous dit d’une certaine manière que l’on doit mener un combat pour faire peuple. C’est l’époque que l’on vit. Comment faire peuple avec nos différences”, analyse Abd al Malik.

“Au moment où on se réfugie dans des pensées binaires, où on a l’impression que des leaders populistes peuvent nous sauver, j’ai ce sentiment que l’on doit tous travailler à faire peuple et à trouver ce qui nous unit véritablement au lieu de se focaliser sur ce qui nous sépare”, poursuit-il. Et pour Abd al Malik, la France a “les ressources” pour y parvenir : “La France, l’Europe, sont de grands peuples qui sont capables de se réinventer positivement.”

Dans sa volonté de “faire peuple”, l’artiste insiste beaucoup sur le rôle de l’éducation, la culture : “Le savoir, la culture, l’éducation, tout cela nous permet de décrypter le monde complexe dans lequel on vit, mais aussi d’apporter des solutions.”

“La colère, la rébellion, c’est quelque chose d’essentiel dans son cheminement.” Ab al Malik évoque également la rage, l’esprit de rébellion qui l’ont animé durant son parcours. “La colère, la rébellion, c’est quelque chose d’essentiel dans son cheminement”, estime-t-il. Mais, “ce qui est important, c’est comment on la canalise, comment cette colère devient quelque chose de positif qui fait lien”. “Cette colère doit devenir quelque chose de constructif.”

Dans son cas, ce qui lui a permis de canaliser cela, “ça a été la littérature, la poésie, le rap”. Pour résumer, c’est donc en art qu’Abd al Malik a transformé sa colère. “L’art est un acte de résistance. Un acte de résistance face à la mort, face au temps qui passe.”