15 juin 2017

7h45 - L'invité de Thomas Sotto
Affaire Grégory : “J’espère que ce n’est pas une énième fausse piste”

L’avocat de Marie-Ange Laroche, dont le mari a été un temps accusé du meurtre de Grégory avant d’être abattu par le père de ce dernier, reste très méfiant suite aux interpellations mercredi, pour tenter de relancer l’enquête.

INTERVIEW

“Je dis prudence.” Maître Gérard Welzer reste très méfiant après les trois interpellations survenues dans l’affaire Grégory, mercredi. L’avocat de Marie-Ange Laroche, dont le mari Bernard, avait été abattu par le père de Grégory après avoir été accusé du meurtre de l’enfant, puis innocenté. Il craint “une énième fausse piste, un énième dérapage”.

“On jette ces noms en pâture.” “J’ai été très surpris et déçu hier parce que j’ai vu qu’on donnait des noms de personnes, on filmait leur maison. (…) On jette ces noms en pâture à la population”, lâche-t-il au micro d’Europe 1 avant d’ajouter : “Si ces gens nous conduisent à la vérité, très bien. Si c’est un énième rebondissement, on aura jeté, pour rien, ces gens en pâture à l’opinion.” “Oui à la vérité, non à des choses qui ne seraient pas la vérité !”, clame-t-il.

Maître Welzer défend Marie-Ange Laroche, qui avait été interpellée en 1985, peut de temps après le meurtre de Grégory, avec son mari Bernard. Ce dernier avait été inculpé, puis innocenté, avant d’être abattu par Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, en mars 1985. Aujourd’hui, “Marie-Ange Laroche est très partagée”.

“Défendre la mémoire d’un mort, c’est très dur.” Si elle souhaite connaître la vérité, “depuis 32 ans elle ne peut pas faire son deuil” : “Tous les deux-trois ans, la photo de son mari menottée est repassée en boucle.” Mais ce qu’elle redoute par-dessus tout est “qu’on jette Bernard Laroche en pâture” : “Défendre la mémoire d’un mort, c’est très dur puisqu’il ne s’exprime pas.” 

“Depuis 33 ans, on a été de fausse piste en fausse piste, de gâchis, en gâchis”, rappelle-t-il. S’il espère que la vérité sera enfin connue, il prévient : “Trouver la vérité ne veut pas dire arrêter un tel ou un tel si on n’a pas des arguments bétons.” “Je crains que l’on soit à l’aube de quelque chose qui ne serait pas la vérité. On crée des espoirs et puis ces espoirs sont déçus”, explique Gérard Welzer, qui appelle donc à la plus grande prudence dans cette affaire.