20 novembre 2017

8h15- L'invité de Patrick Cohen
Affaire Marchal-Beck : Benoît Hamon savait “qu’il n’avait pas forcément des comportements adaptés”

Benoît Hamon a reconnu sur Europe 1 avoir été alerté d’un comportement outrancier de la part de Thierry Marchal-Beck, ancien président du MJS, à l’égard de certaines militantes, mais sans savoir qu’il s’agissait d’agressions sexuelles.

INTERVIEW

La parole se libère désormais au sein des formations politiques. Plusieurs militantes du Mouvement des jeunes socialistes accusent son ex-président, Thierry Marchal-Beck, d’agressions sexuelles. “Je le connais bien, oui”, a reconnu lundi Benoît Hamon sur Europe 1, lui-même président du mouvement au début des années 1990. “La réalité, c’est que nous sommes confrontés les uns et les autres à une libération de la parole douloureuse mais saine. Il faut y répondre en sachant comment, demain, mieux détecter et mieux prévenir”.

“En quoi j’ai été fautif ?” L’ancien candidat à la présidentielle a également reconnu que l’une des victimes présumées de Thierry Marchal-Beck l’avait “mis en garde contre le fait qu’il n’avait pas forcément des comportements adaptés, sans aller au-delà”. “Parmi les victimes il y a des femmes que je connais, mais dont j’ignorais qu’elles avaient été victimes”, explique encore le fondateur du mouvement du 1er Juillet 2017. “Je suis comme la plupart des individus qui se disent : qu’est-ce que j’ai raté et en quoi j’ai été fautif pour laisser des comportements comme ceux-là se développer”, confie-t-il, tout en se félicitant que ce type de révélations puisse désormais éclater au grand jour. “Si ce sont dans nos familles politiques que se libèrent le plus la parole, c’est parce que nos militantes ont été soutenues”, assure-t-il.

Evaluer les comportements. “On est confronté, comme dans toutes les organisations, a des informations sur le fait que quelqu’un est un séducteur mais un séducteur un peu pénible. La question est : comment on fait la différence entre ce qui relèverait de la liberté sexuelle, du rapport consenti entre deux personnes et de l’abus de pouvoir, de l’abus réel qui conduit au harcèlement, de l’agression jusqu’au viol. C’est tout cela dont on doit tenir compte aujourd’hui”, détaille Benoît Hamon. “Je vais écrire à Marlène Shchiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, pour lui demander s’il existe aujourd’hui une forme d’évaluation des bonnes pratiques dans le secteur privé ou dans le secteur public pour être mieux en capacité de lutter contre le harcèlement ou les agressions sexuelles”, promet enfin l’ancien ministre de l’Education nationale.