07 mars 2019

8h15 - L'interview politique d'Audrey Crespo-Mara
Après la double agression à la prison de Condé-sur-Sarthe, Nicolas Bay estime “qu’il faut en finir avec la logique qui consiste à choyer un peu les prisonniers”

Un détenu a grièvement blessé deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, mardi. Pour Nicolas Bay, eurodéputé RN interrogé par Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, le gouvernement ne donne pas aux personnels pénitentiaires les moyens d’assurer correctement leur défense.

INTERVIEW

Mercredi matin, un détenu radicalisé a blessé grièvement deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe, l’une des plus sécurisées du pays. L’individu, qui s’était retranché, a finalement été interpellé quelques heures plus tard par le Raid et les équipes régionales d’interventions et de sécurité. Sa compagne, qui se trouvait avec lui dans l’unité de vie familiale de la prison, a été tuée dans l’assaut.

Il faut en finir avec la logique qui consiste à choyer un peu les prisonniers, y compris quand se sont de grands criminels, y compris quand ils sont radicalisés”, a dénoncé jeudi matin, au micro d’Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, Nicolas Bay, eurodéputé du Rassemblement national. Cet élu demande ainsi que les unités de vie familiale soient interdites aux prisonniers les plus dangereux. “Pas forcément les empêcher de rencontrer quelqu’un au parloir, mais que les unités de vie familiale soit réservées à ceux qui sont des détenus modèles”, précise-t-il.

Une “défaillance politique”. Alors que ce prisonnier, condamné en 2015 à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’un octogénaire, a pu passer à l’action grâce à un couteau en céramique apporté par sa compagne, le Premier ministre Edouard Philippe a reconnu sur BFMTV une “défaillance” et assuré que le niveau des fouilles allait être relevé. “Edouard Philippe disait il y a ‘une défaillance’, sous-entendant que c’était une défaillance technique, mais la défaillance est politique”, estime Nicolas Bay. “Le personnel pénitentiaire, on ne lui donne pas les moyens, les consignes, on ne modifie pas la législation pour qu’il puisse assurer sa mission dans de bonnes conditions et que les détenus les plus dangereux soient empêchés de nuire”, relève-il.