14 août 2018

Europe Matin
Aquarius : pour Jean-Claude Gayssot, “il ne s’agit pas de politique migratoire, il s’agit de sauver des vies humaines”

Invité d’Europe 1, mardi matin, le directeur du port de Sète a justifié sa proposition d’accueillir l’Aquarius, à la recherche d’un port pour débarquer 141 migrants secourus vendredi. 

INTERVIEW

“Ma proposition est au-delà des questions politiciennes, au-delà des questions économiques”, martèle Jean-Claude Gayssot. Invité d’Europe 1, mardi matin, le directeur du port de Sète a expliqué pourquoi il s’était dit prêt à accueillir les migrants de l’Aquarius, à la recherche d’un port. “Il s’agit de sauver des vies humaines, il ne s’agit pas de politique migratoire”, estime l’ancien ministre communiste, pour qui “la seule carte qui vaille, c’est celle de l’assistance à personne en danger.” 

141 migrants à bord. Jean-Claude Gayssot précise n’avoir “pas contacté” l’Elysée pour évoquer cette proposition, alors que la France discute actuellement avec les autres pays méditerranéens de l’Union Européenne pour trouver un port d’accueil à l’Aquarius. Vendredi, le navire affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières a secouru au large de la Libye 141 personnes à bord de deux barques en bois, dont une moitié de mineurs et plus d’un tiers de femmes, essentiellement originaires de Somalie et d’Erythrée. Malte et l’Italie ont refusé d’accueillir le navire dans leurs ports, selon SOS Méditerranée qui a appelé lundi les Etats européens à “prendre leurs responsabilités.

“La dernière fois, il a fallu attendre des jours pour que l’Espagne sauve l’honneur de l’Europe”, se souvient Jean-Claude Gayssot, évoquant une précédente crise autour de l’accueil du navire humanitaire, en juin. “Qu’est-ce qu’on attend ? On est à 800 morts depuis le début de l’année. On attend de voir une image comme celle de ce pauvre nourrisson (le petit Aylan, dont la photo avait bouleversé l’opinion, ndlr) ? La seule chose qui compte, c’est la dimension humaine.” 

“L’honneur de la France”. Avec sa proposition, le directeur du port de Sète assure ne pas vouloir “aller à l’encontre du droit et de la loi”, rappelant qu’il appartiendrait “aux autorités françaises” de gérer l’accueil des migrants après un hypothétique débarquement à Sète. “On a une gare maritime où des dispositions officielles peuvent être prises pour acheminer ces réfugiés”, explique-t-il. “Je fais cette proposition pour encourager les autorités françaises à prendre toutes leurs responsabilités, pour que l’honneur de l’Europe, l’honneur de la France, l’honneur de l’humanité soit préservée. On ne laisse pas des dizaines de personnes comme ça.”