29 janvier 2018

Europe Soir
Avocat de Théo : “la vidéo n’établit aucun fait nouveau susceptible de remettre en cause la qualification retenue”

Invité d’Europe Soir à 18h15, Antoine Vey, l’avocat de Théo L., réagit à la vidéo de son interpellation révélée par Europe 1.

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Viol ou violences ? Près d’un an après les faits, l’affaire Théo n’a toujours pas été tranchée sur le terrain de la justice. Lundi matin, Europe 1 a cependant révélé les images de vidéosurveillance filmées à Aulnay-sous-Bois en février 2017. Elles témoignent d’une grande confusion lors de cette interpellation dont le jeune homme était ressorti avec une plaie de dix centimètres à l’anus. Si pour l’avocat de l’un des fonctionnaires présents, cette vidéo “vient invalider le récit” de Théo L., pour Antoine Vey, qui défend ce dernier, celle-ci “n’établit aucun fait nouveau susceptible de remettre en cause la qualification retenue par le juge d’instruction dès le premier jour de ce dossier”.

“Théo accuse toujours les policiers de l’avoir violé”. “Théo accuse toujours les policiers de l’avoir violé”, réagit l’avocat dans Europe Soir. “Cette vidéo, elle n’apporte rien de nouveau en réalité, elle correspond précisément aux nombreuses vidéos qu’il y a dans ce dossier depuis le début de cette affaire”. Trois jours après les faits, la juge d’instruction, sur la base d’un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui retenait “le caractère non intentionnel” du coup de matraque, avait ainsi décidé de mettre un policier en examen pour viol, ainsi que ses trois collègues pour violences volontaires en réunion.

“Pas étonnant que des points divergent”. L’enregistrement dévoilé lundi par Europe 1 met avant tout en lumière une grande confusion lors de ce contrôle d’identité qui a dégénéré. “C’est une scène de violence qui se déroule très très vite et dans laquelle il n’est pas étonnant que des points divergent”, observe d’ailleurs Antoine Vey. “On peut toujours chercher à savoir si le pantalon de Théo est tombé tout seul ou si on l’a tiré”, mais “il va quand même falloir que la justice se pose la question de savoir s’il est normal, légitime, recevable, qu’on finisse un contrôle de police avec de telles séquelles psychologiques et physiologiques. Globalement, c’est ça le nœud du problème”, insiste encore l’avocat, qui rappelle en outre que le jeune homme n’était ce jour-là “ni armé ni en train de commettre une infraction pénale”.

Des séquelles pas encore consolidées. Deux expertises sont actuellement en cours. L’une pour analyser la technique d’intervention de la police, l’autre pour établir la nature exacte des séquelles subies par Théo. Selon Me Antoine Vey, celles-ci “l’empêchent toujours de travailler, de faire du sport, de se mouvoir normalement, et l’obligent à se balader avec une poche”. En cas d’infirmité permanente, les policiers seront jugés aux assises. Qu’il s’agisse d’un viol ou de violences.