26 novembre 2018

8h15 - L'interview d'Audrey Crespo-Mara
Baisse du chômage : “On est dans la bonne direction”, assure Muriel Pénicaud

Interrogée par Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, la ministre du Travail se dit confiante quand à la baisse du chômage, malgré les faibles résultats affichés depuis le début du quinquennat.

INTERVIEW

À son arrivée au ministère du Travail en mai 2017, le taux de chômage en France était de 9,3%. Dix-huit mois plus tard, il est de 9,1%, soit une baisse de seulement 0,2%, selon les chiffres de l’INSEE. “On est dans la bonne direction”, a cependant voulu rassurer Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, interrogée lundi par Audrey Crespo-Mara sur Europe 1. “S’il n’y a pas de changement géopolitique majeur […] c’est une ambition très forte mais nous pensons que l’on peut être autour de 7% en continuant à faire des réformes de fond”, assure la ministre, alors même qu’Emmanuel Macron s’est engagé pendant sa campagne présidentielle a ramener les chiffres du chômage à ce taux d’ici la fin de son quinquennat.

“Des signaux positifs”. “On a dit dès le début que 30 ans de chômage de masse ne se réduisent pas en un jour”, veut-elle rappeler. Et de défendre le bilan du gouvernement :”On a créé 211.000 emplois nets dans le secteur privé.” “Le chômage des plus jeunes a commencé à baisser, celui des seniors aussi. Les CDI ont augmenté de 14%, donc il y a des signaux positifs, mais encore un travail énorme à faire”, relève-t-elle.

Un équation à résoudre. “Il y a ce que l’on a fait dans les ordonnances [réformant le code du Travail, ndlr], qui a libéré la crainte d’embaucher des PME. Ça s’est vu, elles embauchent beaucoup plus”, poursuit Muriel Pénicaud. “La loi avenir professionnel est l’élément majeur : on va développer l’apprentissage et la formation professionnelle alors qu’il y a des centaines de milliers d’emplois qui ne sont pas pourvus”, souligne-t-elle. “Les entreprises cherchent tous les jours quelqu’un, mais il n’y a pas les compétences en face”, déplore la responsable gouvernementale. “C’est ce paradoxe insoutenable qu’il faut résoudre”.

Le malaise réunionnais. Interrogée sur les très fortes disparités territoriales en matière d’accès à l’emploi, avec, notamment, plus de la moitié des moins de 25 ans au chômage sur l’île de la Réunion, Muriel Pénicaud assure œuvrer à la réduction des inégalités. “Les jeunes sont très nombreux à être au chômage mais leur niveau de qualification est très bas, ce qui fait que, paradoxalement, la Réunion affiche 3% de croissance – on y crée des emplois -, mais les jeunes n’arrivent pas à rentrer dans le marché du travail faute de qualification”, avance-t-elle.