12 septembre 2019

7h40 - L'invité Actu 
Bilan du plan pauvreté : “Il y a une très faible redistribution en faveur des plus pauvres”, pointe Louis Gallois

Un an après les annonces du plan pauvreté, Louis Gallois, président de la Fédération nationale des acteurs de la solidarité, dresse un bilan mitigé sur Europe 1.
INTERVIEW

Il y a un an, le président Emmanuel Macron présentait les 90 mesures du “plan pauvreté”, parmi lesquelles créer davantage de places en crèches, prolonger l’aide sociale à l’enfance (ASE) jusqu’à 21 ans, mettre en place un service public d’insertion, et un revenu universel d’activité. Louis Gallois, président de la Fédération nationale des acteurs de la solidarité (FAS) et ancien grand patron fait le bilan sur Europe 1 jeudi.

“L’année dernière, nous avions salué un certain nombre de décisions prises”, rappelle l’ancien PDG de la SNCF. “Incontestablement, beaucoup de mesures ont été mises en place, comme la mixité des crèches, la gratuite du petit-déjeuner et le développement de l’insertion par l’activité économique (IAE).” Muriel Pénicaud a annoncé mardi que le budget pour l’IAE allait passer la barre du milliard d’euros en 2020 – contre 900 millions cette année – afin de financer 20.000 postes supplémentaires pour les personnes très éloignées de l’emploi.

ENTENDU SUR EUROPE1 :
Les deux populations dont le pouvoir d’achat va baisser en 2019 sont les ménages les plus aisés et les ménages les plus pauvres
 

“Il faut toutefois relativiser cet effort, car il a été financé par la baisse des aides personnalisées au logement et celle des allocations familiales”, nuance le président de la FAS. Louis Gallois est tout aussi réservé sur dotation de ce plan, qui s’élève à 8 milliards d’euros sur les quatre années à venir. “Je ne suis pas contre le fait qu’on cherche à être plus efficace avec de l’argent”, concède-t-il. “Mais il y a une très faible redistribution en faveur des plus pauvres.”

“Les deux populations dont le pouvoir d’achat va baisser en 2019 sont les ménages les plus aisés et les ménages les plus pauvres”, affirme-t-il. En cause, selon lui : la désindexation des allocations familiales et des APL, dont l’augmentation n’est plus alignée sur l’inflation.