20 novembre 2017

09h00 - Melting Pop
Charlotte Gainsbourg : “Ce n’était plus si grave d’être à la hauteur ou pas”

Pour son nouvel album “Rest”, Charlotte Gainsbourg a travaillé avec le compositeur électro Sebastian. Une collaboration qui lui a donné la confiance nécessaire pour assumer l’écriture de tous les textes.

INTERVIEW

“C’est l’album dont j’ai attendu la sortie avec le plus d’impatience”. Avec Rest, Charlotte Gainsbourg s’assume, se découvre et se livre, d’une manière toute personnelle. Elle qui craignait tant l’écriture a finalement signé tous les textes de son album. “Quand j’ai assumé l’écriture, c’est devenu une obligation, et je voulais signer l’album en entier”, confirme sur Europe 1 la chanteuse, qui avait un temps rêvé de faire appel à l’écrivain Michel Houellebecq.

Des textes en français. Pour la première fois depuis Charlotte Forever, l’album écrit et composé par son père Serge Gainsbourg, la chanteuse ose le français. Des textes mis en musique par Sebastian, producteur électro, qui a notamment collaboré avec Kavinsky ou Philippe Katerine. “C’est une fois installée à New York, loin de la France, que j’ai pu assumer ces textes. Et peut-être aussi grâce au regard de Sebastian, qui les validait avant que je les chante”, raconte-t-elle. Petit à petit, Charlotte Gainsbourg s’est ainsi libérée de l’angoisse, du poids que représentait la légende de son poète de père. “Ça m’a donné confiance. Ce n’était plus si grave d’être à la hauteur ou pas, il fallait juste le faire”, glisse-t-elle.

“Une déclaration d’amour à ma sauce”. Sur ces musiques électro entraînantes, Charlotte Gainsbourg évoque pourtant les moments douloureux de sa vie. Parmi eux, l’image “traumatisante” de son père sur son lit de mort. ” On gère à la fois une image vivante et une image morte. Je voulais parler de celle qui m’avait choquée en dernier. C’était une déclaration d’amour, à ma sauce. Je le faisais sans aucune pudeur. C’est ça qui me plaisait dans le côté cru”, confie-t-elle. La mort de sa demi-sœur Kate a aussi fortement marqué l’écriture de Rest. Au point que l’album a failli s’appeler Take One. “C’était l’anagramme de Kate, donc ça me touchait”, explique Charlotte Gainsbourg. 

Ces chansons intimes, Charlotte Gainsbourg veut désormais les défendre sur scène. “On est en train de former une équipe. C’était vague et ça devient de plus en plus précis.”