18 janvier 2019

8h15 - L'interview politique d'Audrey Crespo-Mara
Christophe Castaner : “Le comportement d’Alexandre Benalla m’agace”

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, invité vendredi de la matinale de Nikos Aliagas sur Europe 1, a défendu la gestion de “l’affaire Benalla” par son ministère.
 

Il n’était pas en son pouvoir d’agir, assure-t-il. Auditionné mercredi par la commission d’enquête du Sénat sur les passeports diplomatiques conservés par Alexandre Benalla malgré son limogeage de l’Elysée, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, a expliqué que ses services n’avaient pu empêcher l’usage de ces documents, même invalidés, car ceux-ci relèvent de l’autorité du ministère des Affaires étrangères. Mais qu’en est-il du “passeport de service” qui, lui, dépend bel et bien du ministère de l’Intérieur ?

“Nous avions neutralisé l’effectivité de ce passeport”. “M. Benalla avait un passeport de service. Dès le 30 juillet, avant qu’il soit licencié, nous avions neutralisé l’effectivité de ce passeport. Les passeports diplomatiques, nous n’avions pas la possibilité de les débrancher”, a assuré le ministre de l’Intérieur vendredi, invité de la matinale de Nikos Aliagas sur Europe 1, en direct d’un commissariat à Amiens. L’ancien chargé de mission de la présidence aurait utilisé ces passe-droits une vingtaine de fois depuis son licenciement, notamment lors d’un voyage en Afrique pour des activités de consulting. N’était-ce pas la mission du ministère de l’Intérieur de le garder à l’œil ? 

“Son comportement m’agace”. “Non”, répond Christophe Castaner sur Europe 1. “Suivre quelqu’un relève de la police judiciaire et le ministère de l’Intérieur n’en a pas le droit. J’entends respecter le droit”, martèle le ministre. Qui confie également sont “agacement” à propos de cette “affaire”. “Tout comme son comportement m’agace quand on découvre que, y compris pour demander des documents officiels, il aurait produit des faux documents”. 

 

Alexandre Benalla, a été placé jeudi en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur ses passeports diplomatiques. Cette enquête, ouverte le 29 décembre, concerne des chefs d'”abus de confiance”, “usage sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle” et “exercice d’une activité dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique”.