07 décembre 2017

9h30 - 10h00 Village Médias
Comment les nouveaux députés sont entraînés à la communication médiatique

Laurent Fontaine, ancien présentateur de TF1, coache de jeunes députés LREM. Invité sur Europe 1 avec l’une de ses “élèves”, ils ont raconté l’essence de leur travail.

INTERVIEW

424 nouveaux députés sont entrés à l’Assemblée nationale aux dernières élections. Des novices non aguerris à la communication, notamment médiatique, et qui ont pour certains choisi de prendre des cours. Marie Lebec, 26 ans, fait partie de ses nouveaux députés. Elle s’entraîne avec Laurent Fontaine, ancien animateur de Y’a que la vérité qui compte sur TF1, et qui a abandonné la télévision pour devenir conseiller image. L’une et l’autre étaient les invités de Village Médias.

Un coach engagé chez LREM. Avant les écrans, Laurent Fontaine avait déjà un pied dans la politique. C’était même son premier métier. “J’ai été assistant parlementaire d’un député socialiste en 1984.” Il reste deux ans à ce poste avant de devenir chef du service de presse du ministère des Postes, des télécommunications et de l’espace dans le gouvernement Rocard. Il revient à ce milieu aujourd’hui, lui qui a adhéré à En Marche à la création du mouvement. Dès le début de la campagne, il coache Christophe Castaner,Benjamin Grivaux, Richard Ferrand entre autres. “C’était des gens absolument pas connus et qui allaient faire de la télévision à haute dose. Je me suis lancé dans cette aventure avec eux”, raconte l’ancien animateur. 

Face à des politiques façon ‘pitbull’. En début de campagne, les potentiels députés se voient proposer une formation en ‘media training’. C’est comme ça que Marie Lebec rencontre Laurent Fontaine. “Dans un monde où les médias sont importants, quand on ne sait pas parler en public, quand on a du mal avec une caméra, on apprend les bases, des outils”, explique le coach. Exemples avec trois grands axes de travail : la façon de se positionner, avoir l’air toujours concentré et avoir l’air sympa. “Est-ce qu”‘on doit être comme Mélenchon, comme Philippot qui sont ‘sur-médiatrainés’, un peu ‘pitbull’, ou au contraire doit-on se dire ‘Comment je fais pour affronter ces gens-là ?'”, lance-t-il sans ambiguïté. “Certains ensevelissent sous une forme d’agressivité ou bien remettent en question le point de vue dont vous parlez, ce qui fait que quand on a 26 ans et qu’on doit construire un discours, on est submergé.” 

1.500 euros pour 4 heures. En pratique, la jeune députée s’est pliée à des exercices de questions-réponses. “On a aussi travaillé le ‘storytelling’, de comment on est arrivé chez En marche, de pourquoi on s’est engagé.” S’y ajoutent quelques travaux sur la voix, sur la façon de répondre, notamment en admettant ne pas avoir toutes les réponses, mais aussi d’élimination de tics de langage, sans en revanche travailler sur la présentation physique. Des prestations qui ont un coût. “Il y a des gens pour qui je ne prends rien. Ça a été le cas de tous les porte-parole d’Emmanuel Macron pendant la présidentielle. Quand c’est des programmes un peu plus complexes, comme les députés de la République en marche, c’est environ 1.500 euros la grosse séance d’environ 4 heures.” Une somme prise en charge par le mouvement pendant la campagne “pour apporter de l’aide aux candidats. Maintenant, c’est nous par le biais de l’IRFN (indemnité représentative des frais de mandat)”, explique la députée.