6 juin 2017

7h45 - Invité de Thomas Sotto
Crise diplomatique au Moyen-Orient : “Il n’y a pas de preuves que le Qatar soutient le terrorisme”

L’Arabie saoudite et ses alliés ont rompu toute relation diplomatique avec le Qatar, qu’ils accusent de soutenir le “terrorisme”. Pour Frédéric Encel, spécialiste du Moyen-Orient, “il n’y a pas de preuves” que cette accusation soit fondée.

Depuis lundi, le Qatar est isolé. L’Arabie saoudite, l’Égypte, Bahreïn, le Yémen et les Émirats arabes ont annoncé leur rupture diplomatique avec le Qatar, qui selon eux, soutient le “terrorisme”. Une accusation fondée ? “Il n’y a pas de preuves. En tout cas, je n’en ai pas personnellement”, répond Frédéric Encel, maître de conférences à Sciences-Po Paris et spécialiste du Moyen-Orient, au micro d’Europe 1, mardi.

“Cela dit, nombre de chancelleries, en Occident et dans les pays arabo-musulmans, considèrent que des grandes familles qataries sont extrêmement riches et très autonomes, financent des associations soit-disant de bienfaisance islamique, qui sont en réalité des groupes islamistes radicaux”, précise-t-il toutefois. Un soutien personnel donc mais pas d’Etat. C’est en tout cas la défense du Qatar qui explique “qu’en son sein, chacun peut disposer de ses fonds comme il en a envie”. Pour Frédéric Encel, cette posture “risque de ne plus tenir”.

“Il y a des familles qui ont soutenu directement Daech”, assure-t-il. Et cela s’explique assez facilement. Bachard al-Assad, le président syrien, “est détesté par les pétromonarchies, à la fois comme nationaliste et comme chiite”. Cela a donc poussé des familles ultra-conservatrices, “au Qatar mais aussi en Arabie saoudite et dans le reste de la péninsule, on directement financé ou laissé financer des groupes djihadistes”.