14 juin 2018

7h20- 3 questions à par Patrick Cohen
Crise migratoire : “Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont eu une conversation cordiale au téléphone”

INTERVIEW

“Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont eu cette nuit une conversation cordiale au téléphone” a indiqué Nathalie Loiseau, la ministre chargée des Affaires européennes, invitée de la Matinale d’Europe 1 jeudi. “Il y a le temps de l’émotion et le temps du travail pour traiter des sujets majeurs comme la crise migratoire”, a-t-elle ajouté. 

“L’Europe doit faire plus et mieux pour aider l’Italie”. “Ils ne sont pas exprimés sur la venue de Giuseppe Conte, mais nous souhaitons qu’il vienne”, a annoncé la ministre en réponse aux propos de Matteo Salvini qui a estimé mercredi que sans “excuses officielles” de la France il valait mieux annuler la rencontre. “On a besoin de se parler avec l’Italie, c’est un grand partenaire, c’est un grand voisin. Le président et Giuseppe Conte sont vus brièvement lors du G7 au Canada, ce serait intéressant, utile qu’ils se voient plus longuement”, déroule Nathalie Loiseau au micro d’Europe 1.

“Personne ne donne de leçons à personne”, a-t-elle embrayé, en faisant référence aux propos d’Emmanuel Macron qui a dénoncé la “part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien” sur l’affaire de l’Aquarius. “La France est le pays qui a connu un nombre record de demandeurs d’asile, notamment en relocalisation depuis la Grèce et l’Italie. Nous prenons notre part et nous travaillons étroitement avec l’Italie. (…) Mais l’Europe doit faire plus et mieux pour aider l’Italie”. 

“L’Europe n’a pas été assez présente”. Mercredi devant le conseil italien, Matteo Salivini avait appelé la France a accueillir plus de migrants, en rappelant que la France s’était engagée à accueillir plus de 9.000 migrants arrivés ces dernières années en Italie mais qu’elle n’en avait accueilli que 640. “On a divisé par dix le nombre de migrants par l’Italie, nous ne sommes plus à un pic de la crise”, martèle la ministre. “Il faut travailler intelligemment, il faut la tête froide pour faire en sort qu’il y ait beaucoup d’aides pour des pays comme l’Italia, nous le leur devons. L’Europe n’a pas été assez présente et c’est ce que dit le résultat de l’élection italienne : les Italiens se sont sentis abandonnés”.