1er juin

Europe Matin
Déremboursement des médicaments anti-Alzheimer : “Une décision purement médicale”, insiste Agnès Buzyn

Quatre médicaments prescrits contre l’Alzheimer, ainsi que leurs génériques, ne seront plus remboursés à compter du 1er août. Malgré les protestations des associations de malades, la ministre de la Santé assume.

INTERVIEW

La décision est parue vendredi matin au Journal officiel. Les médicaments anti-Alzheimer, jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués, ne seront plus remboursés par l’Assurance maladie à compter du 1er août. Invitée dans la Matinale d’Europe 1 vendredi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a défendu son positionnement.

“Les experts de la HAS sont indépendants”. “C’est une décision purement médicale. Ces médicaments ont été évalués deux fois par la Haute autorité de santé (HAS). Par deux fois, des experts ont estimé que ces médicaments étaient plus nocifs que bénéfiques pour les patients, et qu’il fallait ne plus les rembourser”, a-t-elle expliqué”. Cette mesure concerne quatre médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) et leurs génériques. Dès son annonce lundi, elle avait suscité les protestations de l’association France Alzheimer, ainsi que des sociétés savantes de neurologie et de gériatrie. “Les experts de la HAS sont indépendants, et ils considèrent que ces médicaments sont toxiques. Je suis suivie par un grand nombre d’associations de professionnels de santé, parmi lesquels des généralistes”, martèle Agnès Buzyn.

Mais face à l’inquiétude des malades et de leurs familles, la ministre tente de rassurer. “Je suis un avis scientifique, mais je ne veux pas que les gens pensent que c’est un sujet financier. Tout l’argent économisé sera réorienté vers l’accompagnement des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, soit pour les centres mémoire, soit pour le secteur médico-social qui les prend en charge. Il n’y aura aucune économie faite sur le dos des malades”, a-t-elle certifié.