12 juillet 2018

INFORMATION EUROPE 1
 Doctolib rachète son concurrent Mon Docteur

INFO EUROPE 1

Doctolib voit grand. La start-up spécialisée dans la prise de rendez-vous médicaux va, selon les informations d’Europe 1, acquérir le troisième acteur du secteur, Mon Docteur. Avec ce rachat, l’entreprise franco-allemande créée en 2013 souhaite renforcer ses positions dans les deux pays et confirmer sa place de leader en Europe. “Cela va nous permettre de décupler nos forces pour faire des outils et des services plus complets”, explique Stanislas Niox-Chateau, co-fondateur et président de Doctolib, à Europe 1. Le montant de la transaction est tenu secret. 

Créer un leader européen

Les deux entreprises qui permettent de prendre rendez-vous chez un médecin en ligne ou via une application pour smartphone souhaitent accélérer leur développement en Europe, particulièrement en France et en Allemagne. Doctolib avait déjà levé successivement 26 et 35 millions d’euros en janvier et novembre 2017 dans ce même but. Avec cette alliance, la start-up franco-allemande pourra compter sur 55.000 praticiens utilisateurs (contre 30.000 jusqu’à présent) et 20 millions de visites de patients chaque mois. Elle élimine également son principal concurrent. Les 150 employés de Mon Docteur viendront étoffer les équipes de Doctolib, déjà composées de 450 personnes. Et 1.000 nouveaux recrutements sont prévus dans les deux ans à venir pour, notamment, tripler les équipes de développement.

Pas d’augmentation de prix pour les praticiens. Plus qu’un simple site de prise de rendez-vous, les deux start-up proposent aux praticiens un logiciel poussé de gestion de leur patientèle. “Les Français nous connaissent pour la prise de rendez-vous sur Internet, mais ce n’est que 10% de ce que l’on fait. Nous fournissons un logiciel pour améliorer l’organisation des professionnels, de leur cabinet et faire diminuer le taux de rendez-vous non-honorés”, indique le co-fondateur. C’est grâce à ces services de gestion d’agenda que Doctolib a réussi à obtenir 80% du marché en seulement cinq ans. C’est également grâce à lui que l’entreprise gagne de l’argent. Si la prise de rendez-vous est gratuite pour les patients, les praticiens, eux, doivent s’acquitter de 99 euros par mois pour utiliser le logiciel. Faut-il, comme le craint un médecin interrogé par Europe 1 à ce sujet, s’attendre à une augmentation de prix ? “Aucune”, assure la start-up.

Une fois le lien entre les deux entreprises mis en places, l’entreprise “aura une marque, une équipe, une stratégie”. “Tout le monde se regroupera sous la marque Doctolib”, précise Stanislas Niox-Chateau. Les logiciels à destination des médecins fusionneront également.

Des médecins et des patients convaincus

Du côté des médecins, si la solution de Doctolib a laissé certains septiques au départ, l’expérience les a convaincus. “Au départ, j’étais sceptique vis-à-vis Doctolib parce que j’ai beaucoup de patients et je n’en prends pas de nouveaux. J’ai quand même été démarché, j’ai rencontré la personne et elle m’a convaincu que ce qui allait changer pour moi c’était de ne plus avoir de coups de téléphone. N’étant que sur rendez-vous, j’étais harcelé et je n’en pouvais plus. D’autant plus que, quand quelqu’un vous appelle pour un rendez-vous, il ne vous précise pas exactement à quel moment il le veut donc vous lui en proposez un premier, puis un deuxième… Là, Doctolib arrive et change tout”, indique le docteur Marc Druet, généraliste à Issy-les-Moulineaux.

Le logiciel permet également aux praticiens de faire des économies. L’abonnement est en effet bien plus abordable que le coût d’un secrétariat téléphonique qui peut être facturé près de 600 euros. Reste quand même que ces solutions soulèvent certaines craintes. “Comme Doctolib est très facile d’accès et d’utilisation, que c’est plus facile que d’appeler un médecin, les gens prennent parfois rendez-vous pour pas grand chose. S’ils attendaient un peu, ils ne viendraient pas”, indique le Dr Druet. Du côté des patients, beaucoup apprécient effectivement cette facilité d’usage, mais d’autres craignent que le contact humain disparaisse.