12 avril 2018

Europe Matin
Documentaire “Macron : le dynamiteur” : “Il y avait un plan, qui remonte à très loin”

Dans son documentaire “Emmanuel Macron : le dynamiteur”, diffusé jeudi sur LCI, David Doukhan décortique la stratégie longuement élaborée par Emmanuel Macron pour se lancer dans la course à la présidentielle.

INTERVIEW

C’est une prise de pouvoir préparée de longue haleine. LCI diffuse jeudi soir Emmanuel Macron : le dynamiteur, un documentaire réalisé par David Doukhan, journaliste politique à Europe 1, et produit par David Pujadas, sur les coulisses de l’arrivée à l’Elysée l’ancien protégé de François Hollande. “On a souvent dit que les planètes s’étaient alignées, que c’était un hold-up, qu’il a eu une chance inouïe […]. Je ne dis pas que ça n’a pas existé, mais en revanche, on a moins pointé le plan. Il y avait un plan, qui remonte à très loin”, explique David Doukhan au micro de la matinale d’Europe 1. “Pourquoi le dynamiteur ? Parce que c’est précisément ce qui s’est passé : un dynamitage, vous le préparez minutieusement, sinon ça vous saute à la figure”, relève-t-il.

Je ne ferai jamais rien contre toi”. “Emmanuel Macron a établi le diagnostic qu’il faut tout faire exploser pour faire évoluer les choses”, souligne David Doukhan. Mais surtout, pour mener à bien son ambition présidentielle, l’ancien ministre de l’Economie n’a pas hésité à mentir à François Hollande sur ses intentions, allant beaucoup plus loin que le simple mensonge par omission. “Emmanuel Macron a menti à François Hollande pendant des mois”, même après avoir quitté le giron du quinquennat, indique le réalisateur. 

Ainsi, le jour de sa démission, le 30 août 2016,  Emmanuel Macron, emprunte la navette fluviale de Bercy pour aller à l’Elysée annoncer sa décision à François Hollande. Sur le chemin du retour, il appelle au téléphone son collègue, Michel Sapin, ami de longue date du président, et lui jure que s’il démissionne ce n’est pas pour être candidat, mais juste pour faire vivre son mouvement. “‘Je ne ferai jamais rien contre toi’. Voilà une phrase du documentaire”, annonce David Doukhan.