6 novembre 2018

Emmanuel Macron invité exceptionnel de Nikos Aliagas sur Europe 1
Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla : “Je ne savais même pas qu’il était observateur” le 1er mai

Interrogé sur l’affaire Benalla en exclusivité sur Europe 1, mardi, Emmanuel Macron a récusé toute “affaire d’État” après les révélations sur les agissements du chargé de mission, que l’Élysée n’a pas “dissimulés”.

EXCLUSIF

Une “excitation collective” sur la “faute” d’un homme, mais pas “d’affaire d’État”. Voilà le regard d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla, tel qu’il l’a confié en exclusivité au micro d’Europe 1, mardi. Le chef de l’État est revenu sur le scandale qui a perturbé l’été présidentiel, après les révélations sur les agissements de ce chargé de mission lors des manifestations du 1er-Mai à Paris.

Des “responsabilités” et puis une “faute”. “Qu’est-ce que c’est, Alexandre Benalla ? C’est d’abord un jeune homme qui m’a accompagné dans un temps de campagne électorale et ensuite est rentré à l’Élysée, et à qui j’ai confié un rôle tout à fait officiel dans l’encadrement, et donc quelqu’un en qui j’ai eu confiance”, a d’abord retracé Emmanuel Macron au micro de Nikos Aliagas. “Il a fait ses preuves, il ne fait pas forcément partie des codes. Je lui ai confié des responsabilités, et il a fait une faute.”

Un comportement “pas acceptable”. “Le 1er mai dernier, étant observateur, comme beaucoup le sont, il est intervenu, et ça, ce n’est pas acceptable”, a expliqué le chef de l’État, qui parlait le 25 juillet dernier, une semaine après les révélations du Monde, d’une scène “inadmissible” place de la Contrescarpe. 

Avant de développer : “Je ne savais même pas qu’il était observateur. Son encadrement le savait, mais je ne connais pas le quotidien de l’ensemble de mes collaborateurs. Il l’avait déclaré, c’était su, c’était hors de ses fonctions et il a fait une faute. Il a eu une sanction de l’Élysée [une mise à pied du 4 au 19 mai, NDLR]. Est-ce que l’Élysée a dissimulé quoi que ce soit ? Rien du tout”, a évacué Emmanuel Macron. Une réponse indirecte aux allusions d’Alexandre Benalla formulées devant les sénateurs : selon Le Mondeil aurait déclaré lors de son audition que des SMS auraient été effacés à distance pendant sa garde à vue, renvoyant les parlementaires à la présidence de la République pour ces intrusions sur son téléphone.

“L’Élysée n’a rien caché”. Pour celui qui l’a repéré à l’été 2016 avant de l’intégrer au dispositif de sécurité de sa campagne puis de l’Élysée, la présidence de la République n’est pas mêlée à ses agissements. “Est-ce qu’il y a eu des interventions de l’Élysée pour faire pression ? Personne. Pendant des jours, on a expliqué que c’était une affaire d’État. Mais quelle affaire d’État ? (…) Un, l’Élysée n’a rien caché”, a insisté Emmanuel Macron. “Deux, il n’est pas intervenu sur demande de l’Élysée dans une manifestation. Trois, il n’y a jamais eu de sécurité privée ou de milice privée à l’Elysée.” 

Macron réclame de l'”indulgence” pour Benalla. Il a enfin regretté que l’étau se soit autant resserré, selon lui, sur l’ancien chargé de mission, qui a depuis lancé sa société internationale de sécurité : “Il faut avoir l’esprit de mesure et de l’indulgence, y compris à l’égard de ceux qui ont commis des fautes. Alexandre Benalla a fait des fautes. Est-ce qu’il mérite d’être traité comme le plus grand criminel en liberté ? Je ne suis pas sûr. Il faut penser que les gens ont leur vie et leur famille. La raison et le respect, ce sont des bonnes choses.”

L’ancien adjoint au chef de cabinet de l’Élysée reste aujourd’hui mis en examen pour pour “violences volontaires”, “immixtion dans l’exercice d’une fonction publique”, “port public et sans droit d’insignes réglementés”, “recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection” et “recel de violation du secret professionnel”.
 

 

La presse a “peut-être perdu l’esprit de mesure”

“Je ne laisse rien passer quand, dans d’autres démocraties, on veut tout cacher et avoir une presse qui n’est pas libre pour ne pas me satisfaire et me réjouir d’avoir une presse, un Parlement qui se sont emparés du sujet”, a estimé le chef de l’État sur le traitement de l’affaire. “Mais je pense qu’on a peut-être perdu l’esprit de mesure.” Le 25 juillet, il se montrait encore plus critique sur le rôle des médias dans la couverture de ces événements : “Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité”, expliquait-il devant les parlementaires LREM.