2 octobre 2017

En balade avec Jean-Paul Rouve : “Montmartre, c’est mon coin !”

A l’occasion d’une balade avec Nikos Aliagas, Jean-Paul Rouve nous fait redécouvrir le quartier de Montmartre à Paris. Son quartier. 

INTERVIEW

C’est dans son quartier parisien de Montmartre que Jean-Paul Rouve a donné rendez-vous à Nikos Aliagas pour une petite balade. “Montmartre, c’est mon coin !”, commence par lâcher l’invité de l’émission En balade avec dimanche sur Europe 1. “Ça a toujours été un mélange d’hôtels particuliers, d’endroits très chics et d’endroits de débauche avec des cabarets, avec Pigalle en bas”, décrit l’acteur à l’affiche du film Le Sens de la fête qui sort en salles mercredi et dont Europe 1 est partenaire

Premier arrêt rue des Saules, près des vignes de Montmartre : “J’ai la clé, je suis un peu la patron ici.” “Tous les ans, ils font une grande fête pour les vendanges et ensuite on peut déguster le vin de Montmartre. Ce n’est pas le meilleur vin de France mais c’est symbolique.” Symbolique car Montmartre a beau se trouver au cœur du 18ème arrondissement de la capitale, “on n’est plus à Paris, c’est un village. Le village de Montmartre”.



La République de Montmartre. Oui, Montmartre est un quartier “très étonnant”. Peuplées de touristes la journée, les petites rues pavées de la butte se vident le soir pour laisser la place aux seuls habitants du quartier : “Comme en province, on se balade et dix fois par jour, on salue quelqu’un. C’est très rare à Paris !” Et malgré l’image un peu “bobo” que dégage Montmartre, “ça ne se prend pas au sérieux”, assure Jean-Paul Rouve : “Il y a un côté un peu décalé, avec humour. Il y a une République de Montmartre, il y a un président, il y a tout.”

Tout en haut de la butte trône la Basilique du Sacré Cœur, qui offre point de vue idéal pour observer Paris et attire d’innombrables visiteurs. En observant une femme se prendre en photo elle-même sur les escaliers de la butte, Jean-Paul Rouve analyse : “Le souvenir n’est pas suffisant. Il faut être dedans. Avant on faisait des photos pour avoir un souvenir mais maintenant, il faut être dans la photo. Le souvenir n’existe que si je suis présent dedans. C’est fou ce changement et je pense que c’est une erreur.”



“Je crois en l’Homme.” Être dans le cadre, justement, n’est-ce pas ça qui a attiré Jean-Paul Rouve vers le cinéma ? Il répond par la négative, expliquant qu’il avait souhaité “vivre” ce qu’il avait “besoin d’exprimer”. Et malgré les difficultés à exercer ce métier, “je n’ai jamais lâché l’affaire”, explique-t-il avant d’ajouter : “C’est fou, cette force que l’on peut avoir en soi. D’où elle vient ? Je ne sais pas. (…) Ça a un rapport avec la foi.” Pourtant, il confie ne “malheureusement” pas croire en Dieu : “Je crois en l’Homme.” “Il y a une phrase de Brel qui est magnifique qui dit que ‘Dieu ce sont les hommes et un jour ils sauront’. Ça c’est Jacques Brel, c’est sublime”, ajoute-t-il.

Autre point touristique à Montmartre, la place du Tertre et ses peintres. Leur présence fait partie de l’histoire de Montmartre : “Tous les peintres étaient ici parce qu’il y avait le Bateau-Lavoir, qui était un édifice sublime en bois, avec des ateliers, où ils sont tous passés. C’était la bohème. Ils galéraient, ils donnaient des tableaux contre de la nourriture. Quand Picasso allait au restaurant, il payait toujours par chèque. Comme il signait son chèque, il savait très bien que le restaurateur n’allait jamais l’encaisser pour garder la signature.”



“Filmer la vie d’aujourd’hui.” Montmartre, c’est aussi des cafés et des brasseries : “Il y a des endroits où les Montmartrois vont qui sont formidables. Il y a toujours un peu de musique, un mec avec un accordéon.” Et parmi ces endroits, il y en a un en particulier, La Mascotte, où Jean-Paul Rouve a tourné une scène de son film Les Souvenirs. “Il y a des endroits qui m’inspirent. Et pas forcément parce qu’ils sont beaux. (…) Aujourd’hui, en regardant un film des années 60, on trouve tout beau parce qu’on a comme un filtre. Le filtre du passé qui s’est mis dessus. Et moi ce qui m’intéresse, c’est de filmer la vie d’aujourd’hui et de mettre le filtre du présent. Fixer le présent, voler le présent.”



Pour la dernière étape de cette balade, Jean-Paul Rouve et Nikos Aliagas sont allés au célèbre cimetière de Montmartre, où repose notamment Dalida : “C’est beau les cimetières. Ça me fascine sur l’être humain, sur ce que ça raconte sur nous. (…) Toutes ces tombes, ce sont des œuvres d’art. C’est très joli à regarder. Je trouve que ce n’est pas glauque du tout. C’est beau, ça raconte plein de choses, toutes ces époques, le temps qui passe…” Mais surtout, Jean-Paul Rouve explique être “fasciné” par le rapport qu’a l’être humain à la mort. “Le cerveau humain, aussi complet soit-il, ne comprend pas deux choses. Il ne peut pas comprendre le néant et il ne peut pas comprendre l’infini. Tout ça fait qu’on s’invente des choses”, justifie-t-il.



“Les cimetières, c’est pour les vivants.” Et après avoir regardé un peu autour de lui, la vie dans ce cimetière, Jean-Paul Rouve estime que “les cimetières, ce n’est pas pour les morts, c’est pour les vivants. C’est un truc de vivants les cimetières”. Malgré cette vision, un cimetière marque la fin d’un voyage pour certains. Comme il marque la fin de cette balade qui a permis de redécouvrir Montmartre. “C’était le but” de cette visite sur la butte.