9 février 2018

Europe Matin
Enquête d’Ebdo sur Hulot : “Il fallait publier, je n’ai aucun doute là-dessus”

Invité d’Europe 1, le directeur de l’hebdomadaire “Ebdo” assume la publication des révélations sur Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelles, malgré les démentis de l’une des victimes supposées et la prescription concernant une plainte pour viol.

INTERVIEW

Il a pris les devants. Nicolas Hulot a anticipé la publication vendredi d’une enquête d’Ebdo sur des accusations d’agressions sexuelles à son encontre. Jeudi, sur BFMTV, le ministre de la Transition écologique et solidaire a dénoncé une attaque contre son “honneur”, et démenti en bloc alors même que le parquet de Saint-Malo a confirmé l’existence d’une plainte pour viol, déposée en juillet 2008, mais classée sans suite, les faits étant prescrits. L’hebdomadaire évoque également un cas de harcèlement, concernant une ancienne collaboratrice qui, toujours dans les colonnes d’Ebdo, dément elle-même les faits. Entre démenti et prescription, peut-on encore parler d’une affaire Nicolas Hulot ?

“Nous sommes journalistes”. “Il y a des questions qui se posent. Il fallait publier. Je n’ai aucun doute là-dessus. Nous avons une information recoupée par une source directe et plusieurs témoignages de la famille, à savoir : il y a dix ans, une plainte pour viol a été déposée contre Nicolas Hulot”, explique au micro de la matinale d’Europe 1 Patrick de Saint-Exupéry, cofondateur et directeur de la rédaction d’Ebdo. “Nous sommes journalistes, nous avons une information confirmée. […] C’est le travail du journaliste de dire”, plaide-t-il. “Vous pouvez trouver que c’est dérangeant, bien sûr que c’est dérangeant, mais c’est une information”.

“Ça n’est pas quelque chose d’anodin qu’une femme, dix ans après les faits, aille dans une gendarmerie et porte plainte pour viol contre un homme public”, pointe le journaliste. “C’est l’été 1997, cette femme va chez Nicolas Hulot pour des raisons professionnelles et en sort bouleversée. Du jour au lendemain tout change. Elle abandonne son travail, elle reconstruit sa vie. Pendant dix ans elle va porter ce poids là et attend la fin de la prescription. Pourquoi ? Elle dit : ‘je ne voulais pas le faire juger, je voulais le mettre devant sa conscience'”, raconte Patrick de Saint-Exupéry. “Combien de personnes ayant eu dans leur vie des relations de séductions se retrouvent avec une plainte pour viol ?”, interroge-t-il.

“Nous avons décidé de protéger cette source et sa famille, mais tout est très clair et très limpide”, assure celui qui est également le fondateur de la revue XXI. “On est en train de dire qu’il n’y a pas de preuves, mais elle a porté plainte pour viol, ça n’est pas anodin”, conclut-il.