29 août 2017

L'interview société de Raphaëlle Duchemin
Etats généraux de l’alimentation : “Il faut ajuster l’offre et la demande”

Le gouvernement a lancé les ateliers des Etats généraux de l’alimentation mais certains syndicats estiment que les agriculteurs ne sont pas assez représentés.

INTERVIEW

Les ateliers des Etats généraux de l’alimentation ont été lancés cette semaine. Leurs conclusions doivent permettre au gouvernement d’adopter une feuille de route claire sur les questions alimentaires mais aussi sur les conditions de vie des agriculteurs. Pour autant, une partie des agriculteurs conteste déjà la méthode du gouvernement : “On s’est trompé dans les présidences, dans le sens où, pour décider des prix à payer aux producteurs, c’est la distribution et la transformation qui vont présider les ateliers”, dénonce mardi au micro d’Europe 1 Véronique Le Floch, secrétaire générale de la coordination rurale. “Les agriculteurs ne seront que quatre ou cinq par atelier”.

La libéralisation du marché, une menace pour un secteur fragilisé par les crises ? “Ça fait vingt-cinq ans que l’on revendique des prix, pas des primes, que l’on fait des propositions pour réguler l’offre à la demande, pour essayer de viser l’autosuffisance alimentaire, la sécurité alimentaire et privilégier le territoire. Malheureusement avec la PAC on s’est inscrit dans une libéralisation des marchés, on s’oriente vers des accords de libre-échange. Tout ça ne va pas dans le sens des producteurs”, explique Veronique Le Floch. La principale revendication du monde agricole selon elle : “Pour que le prix soit plus équitable, il faut ajuster l’offre et la demande”.

Un circuit inégalitaire dans son mode de rémunération. Pour illustrer le décalage entre le prix payé par le consommateur et celui payé au producteur, Véronique le Floch cite l’exemple de l’échalote : “aujourd’hui, elle quitte l’exploitation à 15 centimes le kilo. Le coût de revient de l’échalote est autour de 50 centimes. On retrouve le kilo d’échalote sur les marchés ou en grande surface entre 3 et 6 euros. Il y a quand même un souci dans la manière dont le prix accordé au producteur est calculé, à partir du moment où le prix que l’on se permet de lui offrir ne couvre même pas ses coups de productions”, dénonce-t-elle. 

“La principale revendication de la coordination rurale : couvrir a minima les coûts de production et permettre au producteur d’avoir une rémunération”, martèle encore la syndicaliste.