07 novembre 2017

9h30-10h00 Village Médias
Flavie Flament : “Je ne voulais pas que David Hamilton meurt sous les hommages”

Il y a un an, Flavie Flament publiait “La Consolation”, un livre dans lequel elle racontait avoir été violée à 13 ans par le photographe David Hamilton. Un téléfilm tiré du livre va être diffusé mardi soir sur France 2.

INTERVIEW

Avec un large sourire, Flavie Flament assure aller “très bien aujourd’hui.” Il y a un an, l’animatrice radio a confié dans un livre, intitulé La Consolation, avoir été violée à 13 ans par un photographe mondialement connu, David Hamilton, dont l’identité a été révélée plus tard. Quelques jours plus tard, alors que le scandale enflait et que d’autres victimes se manifestaient, le photographe de 83 ans s’est suicidé à son domicile.

“J’étais la seule à détenir des secrets”. Mardi soir, France 2 diffuse en première partie de soirée un téléfilm tiré de l’histoire de l’animatrice. Une manière constructive de dépasser son passé, selon Flavie Flament. “Ce téléfilm, comme le débat, comme le documentaire qui sera bientôt diffusé sur France 5 (le 15 novembre, ndlr), ça s’inscrit dans un combat. C’est comme si mon histoire m’avait échappé, comme si elle était aussi celle des autres victimes, et qu’elle leur permettait de s’exprimer”, estime Flavie Flament dans Village Médias, mardi.

ENTENDU SUR EUROPE 1
J’étais la seule à détenir des secrets, des dialogues, à connaître la façon dont David Hamilton se comportait

“Je voulais que la vérité éclate avant sa mort naturelle”. L’animatrice a tenu à participer au scénario, tout comme au choix des acteurs. “C’était important pour moi de poursuivre ce travail d’écriture. J’étais la seule à détenir des secrets, des dialogues, à connaître la façon dont David Hamilton se comportait. Et comme ni les uns ni les autres, et surtout pas moi, ne voulions trahir Poupette, cette petite fille que j’étais, c’était important pour nous de faire quelque chose de très fidèle”, assure-t-elle. “L’année dernière, on a dénoncé un violeur que tout le monde érigeait comme un artiste au rang internationale. Moi, je voulais que la vérité éclate avant la mort naturelle de David Hamilton. Je ne voulais pas que David Hamilton meurt sous les hommages. Et ça c’est l’objet du film”, martèle Flavie Flament.

“Beaucoup m’ont rejoint sur le chemin de la libération de la parole”. Un après la parution de La Consolation donc, c’est une autre affaire, le scandale Harvey Weinstein, qui a replacé au cœur de l’actualité les violences sexuelles infligées aux femmes. “Il y a un an, quand le livre est sorti, j’étais seule. Beaucoup, au fur et à mesure, m’ont rejoint sur un chemin que j’étais en train d’emprunter, celui de la libération de la parole, de la vérité. J’ai trouvé que ces dernières semaines étaient particulièrement effrayantes, puisqu’on se rend compte de l’énormité des choses, et quelque part aussi, elles ont été lumineuses. Je pense que la violence qui ressort dans les propos de ces femmes est à la hauteur de la violence qu’elles ont subie”, a commenté Flavie Flament dans Village Médias.