19 février 2018

Village Médias
Francis Letellier : Soir 3 “propose des choses que l’on ne voit pas ailleurs”

Le célèbre journal d’information de la deuxième partie de soirée de France 3 fête en 2018 ses quarante ans.

INTERVIEW

Il va fêter ses quarante ans cette année. Soir 3, lancé en 1978 par Jean-Marie Cavada, reste l’offre d’information la plus suivie en deuxième partie de soirée, devant les chaînes d’information sur cette tranche horaire. Un succès que le journal doit à ses particularités, assure son présentateur depuis 2016, le journaliste Francis Letellier, invité lundi de Village Médias sur Europe 1.

Une ouverture sur l’international. “Ce que ce journal a de particulier, c’est que l’on propose des choses que l’on ne voit pas ailleurs”, explique-t-il. “Le jour de la mort de Johnny Hallyday : édition spéciale partout, on ne voyait que ça. Et ce jour là, Trump reconnait Jérusalem comme capitale d’Israël. Personne n’en parlait, nous avons été les seuls à en parler. Il y a toujours cette ouverture à l’international qui n’existe pas ailleurs, et que l’on tient à garder. Par exemple, le 14 mars on va faire une édition spéciale en Russie pour l’élection présidentielle, je ne sais pas si d’autres vont le faire”, annonce Francis Letellier.

Prendre du recul. “Si vous regardez ce qui s’est fait dans l’histoire de Soir 3pendant quarante années, c’est toujours la même philosophie : une information hiérarchisée, une information aussi complète que possible et puis une information très internationale”. Une spécificité que veut absolument garder le journal pour se démarquer de ses concurrents. Autre spécificité de Soir 3 : la volonté de porter un certain recul sur l’actualité. “On a mis à l’antenne cette année une rubrique philosophie, tous les jeudi soir il y a un partenaire de Philosophie magazine qui vient nous parler de l’actualité par l’angle philosophique”.

Un autre regard. Pour Francis Letellier, ce sont aussi ses origines sociales – il est fils d’agriculteurs – qui le pousse à avoir sur l’actualité un regard différent et à porter une ligne éditoriale qui n’est pas forcément celle que veulent mettre en avant ses collègues. “Aujourd’hui, on dit qu’il n’y a pas assez de mixité sociale dans les rédactions. Et quand on dit mixité social on pense aux minorités visibles. Ce qui est vrai. Mais il y a aussi les minorités sociales, et j’estime qu’en étant fils d’agriculteurs je suis aussi une minorité sociale, parce que des fils d’agriculteurs, autour d’une table de rédaction, il n’y en a pas beaucoup”. 

Et le journaliste d’évoquer à titre d’exemple le sandale de la viande de cheval dans les lasagnes, dont il a été le seul, assure-t-il, à deviner l’ampleur potentielle au moment des premières révélations. “Il s’agit de consommation, de nourriture, ça touche au plus profond des gens : ce que l’on mange, ce que l’on produit en France. J’avais dit : ‘ça va être une sacrée affaire’. À l’époque, on m’avait regardé en me disant : ‘c’est juste un rappel de plats avariés… ça va bien!'”, se souvient, amusé, Francis Letellier.