9 octobre 2017

En balade avec
François Cluzet : “Je suis d’une pudeur extrême”

L’acteur à l’affiche de “L’école buissonnière” nous emmène dans une déambulation artistique au cœur de Paris, au micro de Nikos Aliagas.

Pour réécouter l’émission : En balade avec François Cluzet

INTERVIEW

Hôtel Drouot. C’est à l’hôtel des ventes où se déroulent chaque année 1.300 ventes que François Cluzet donne rendez-vous à Nikos Aliagas pour l’émission En balade avec. “C’est un lieu, pour moi qui adore chiner, où chaque objet a une histoire”, décrit l’acteur à l’affiche du film L’école buissonnière de l’aventurier Nicolas Vanier. Pour ce long-métrage, l’acteur parisien “né à Montmartre un jour de grève”, a passé plusieurs semaines dans la nature de Sologne.

Transmission. Dans la capitale, celui qui souhaitait devenir célèbre à 10 ans et qui a accompli son rêve, notamment grâce au succès d’Intouchables, nous emmène dans un parcours artistique. Chez Drouot, d’un accrochage disparate de tableaux, il passe au milieu de plus de 300 photos de cinéma. Ici, “Woody Allen et Diane Keaton”, là, “Richard Burton dans son bain en train de fumer une clope”, décrit François Cluzet. Il voit dans ces ventes une sorte de transmission, un peu comme ce qui se passe au cinéma. “On cogite sur un personnage, on travaille en amont du tournage et après, on le vit. C’est un travail collectif. Après, on livre ça au public”, explique-t-il.

Manuel. Une autre de ses passions, la sculpture, l’entraîne ensuite vers le musée Rodin. “Je suis amoureux de personnages qui sont faux mais qui représentent l’essence du vrai.” Une nouvelle référence au métier d’acteur. Le comédien, lui, ne sculpte pas mais soude le fer. “Il faut aussi bien être manuel, qu’intellectuel que spirituel”, pense-t-il en arrivant justement devant l’illustre statue en bronze du Penseur, cet homme perdu dans ses réflexions. Puis c’est l’illustre statue du Baiser qui le happe. “Ce qui me touche en premier c’est la délicatesse de la main de l’homme posée sur la hanche de la femme. La main est presque décollée du corps. Et ce baiser langoureux passionné nous fait dire à tous que l’amour est la meilleure production de la vie. C’est toujours la beauté et la poésie qui élèvent les hommes.”

Mise à nu. Devant cette homme et cette femme nus enlacés, se pose en écho la question de la nudité, celle du corps devant la caméra. “J’ai un peu de mal, j’avoue je suis d’une pudeur extrême. J’ai été obligé de le faire, mais ce n’est pas ce que j’ai préféré”, glisse-t-il avant de se qualifier d’interprète. “Nous, on prête notre intérieur.” Sa mise à nu est intérieure. “Un artiste ne peut pas avoir de jardin secret sans qu’il soit capable de l’ouvrir. On n’a rien à cacher, défauts, qualités… Tout doit s’offrir au public.”