31 janvier 2018

Europe Soir
Frédéric Mitterrand sur Mathieu Gallet : “C’est une révocation politique”

L’ancien ministre de la Culture, proche de Mathieu Gallet, a vivement critiqué la décision du CSA de révoquer le patron de Radio France.

INTERVIEW

Frédéric Mitterrand estime que la révocation du patron de Radio France, Mathieu Gallet, par le CSA est une “révocation politique.” “Il était devenu quelqu’un de pénible pour le gouvernement en place. Je pense que c’est une révocation politique. Il y a un soupçon fort”, a déclaré l’ancien ministre de la Culture, proche de Mathieu Gallet, jeudi soir sur Europe 1. Mathieu Gallet avait été condamné le 15 janvier pour favoritisme lorsqu’il dirigeait l’INA (Institut national de l’audiovisuel), ce qui avait poussé le gouvernement à réclamer son départ. Seul le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), qui l’avait nommé en 2014, était habilité à le révoquer. 

“Il souffrait de trois désavantages vis-à-vis du pouvoir en place.” Frédéric Mitterrand, dont Mathieu Gallet a été le directeur de cabinet adjoint quand il était ministre de la Culture, a également assuré que la décision du CSA ne s’est pas fondée sur la condamnation pour favoritisme de la justice. “Ce n’est pas la raison pour laquelle le CSA l’a écarté. Mathieu Gallet souffrait de trois désavantages vis-à-vis du pouvoir en place. Il y a d’abord ce tropisme de pureté, puis dans le contexte général de l’audiovisuel il devenait un personnage trop important. Enfin, c’est la rumeur selon laquelle Mathieu Gallet et Emmanuel Macron auraient eu une liaison. Je pense que cette rumeur, totalement fausse, a tout de même exaspéré le président”, a appuyé l’ancien ministre. 

“La présomption d’innocence fonctionne encore”. Frédéric Mitterrand a enfin demandé à ce que la présomption d’innocence soit respectée pour Mathieu Gallet. “Je ne suis pas sûr des indications juridiques qui vont être fournies. Je constate que Mathieu Gallet n’est plus à l’INA, mais à Radio France. Tant que l’appel n’a pas été jugé, la présomption d’innocence fonctionne encore”, a-t-il conclu. Mathieu Gallet a été condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu’il présidait l’INA. Le dirigeant avait fait appel et refusé de démissionner.