07 novembre 2018

8h15 - L'interview politique d'Audrey Crespo-Mara
Gérard Collomb avoue s’être senti “un peu seul” face à l’affaire Benalla

 

L’ancien ministre de l’Intérieur, interrogé mercredi sur Europe 1, a avoué qu’il ne s’attendait pas à subir de plein fouet la déferlante provoquée par l’affaire Benalla cet été.

INTERVIEW

L’un des premiers soutiens d’Emmanuel Macron pendant la campagne, il a aussi contribué à alimenter une importante crise gouvernementale en quittant son poste début octobre. Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur, a retrouvé lundi son siège de maire de Lyon. Interrogé par Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, l’ex-locataire de la place Beauvau a avoué que l’affaire Benalla avait compté pour beaucoup dans sa décision. “Je me suis senti un peu seul face au dérapage, qui était infime au départ, d’une personne”, a-t-il avoué.

Un mensonge par omission. “Il est clair que je ne comptais pas, en venant au ministère de l’Intérieur, être mêlé à de telles histoires”, avoue l’ancien socialiste. “Pour moi, un ministre de l’Intérieur est quelqu’un qui garantit l’ordre de la République pour tous”, poursuit-il. Gérard Collomb s’est notamment vu reprocher par une partie de l’opposition une infraction à l’article 40 du Code de procédure pénale, en choisissant de ne pas informer directement le procureur de la République des délits présumés commis par Alexandre Benalla, alors chargé de mission à l’Elysée, pendant la manifestation parisienne du 1er mai dernier.

“Une histoire qui ne [me] concerne en rien”. “Oui, ça m’a un peu choqué”, confie encore Gérard Collomb, et notamment “le fait de se retrouver confronté à cette enquête, où, d’un coup, vous avez un million trois cent mille personnes qui vous voient témoigner pour une histoire qui ne vous concerne en rien”. L’ancien ministre de l’Intérieur a été auditionné dans cette affaire par la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale le 23 juillet. Il avait alors estimé avoir rempli son devoir en informant le cabinet de la présidence de la République et la préfecture de police des agissements d’Alexandre Benalla.

  

L’oreille du président. Longtemps présenté comme l’un des plus proches du président de la République, avec lequel il aurait eu des entretiens quasi quotidiens pendant son passage au gouvernement, Gérard Collomb reconnaît aujourd’hui, à mi-mots, que ses rapports avec le chef de l’Etat se sont quelque peu distendus. Se parlent-il toujours ? “Ça nous arrive”, glisse-t-il, laconique.