04 décembre 2017

9h00 - 9h30 Melting Pop
Golshifteh Farahani : “En août 2018, cela fera dix ans que je ne suis pas retournée en Iran”

Sur Europe 1, l’actrice évoque sa participation au dernier film d’Alain Chabat, “Santa & Cie”, et explique également le rapport compliqué qu’elle entretient avec son pays de naissance, l’Iran.

INTERVIEW

En 2008, avec Mensonges d’État, Golshifteh Farahani devient la première actrice iranienne, depuis la révolution de 1979, à jouer dans un film américain. Une grande apparition internationale pour l’actrice qui a depuis enchaîné les films, aux côtés de réalisateurs aussi différents que Rachid Bouchareb, Louis Garrel, Christophe Honoré ou encore Jim Jarmusch. Pour cette fin d’année, on la retrouve dans Santa & Cie, la nouvelle comédie d’Alain Chabat, en salles le 6 décembre.

“C’est génial de tourner dans une comédie”. Golshifteh Farahani dans une comédie, l’image est rare. L’actrice franco-iranienne était jusqu’alors plutôt habituée aux drames. “C’est génial de tourner dans une comédie après tous ses films que j’ai fait”, indique l’actrice. Santa & Cie raconte l’histoire du Père Noël – joué par Alain Chabat – qui, à quelques jours de livrer ses cadeaux, rencontre un gros problème. Tous ses lutins tombent malade. Il faut leur trouver un remède et il décide donc de descendre parmi les humains, sur terre, pour trouver un médicament.

Golshifteh Farahani ne connaissait pas Alain Chabat avant le projet. “C’est mon agent qui m’a dit : ‘il faut absolument que tu rencontres Alain et que tu fasses le casting'”, se souvient la comédienne. “Ce n’est qu’après que je me suis rendu compte que c’était un monument français. Là, aujourd’hui, je me rends compte de qui est la personne avec qui j’ai travaillé”.

Départ d’Iran en 2008. De passage sur Europe 1, l’actrice, qui possède la double nationalité iranienne et française, a évoqué les rapports compliqués qu’elle entretient avec son pays natal, l’Iran. En 2008, lors d’une avant-première de Mensonges d’État, la comédienne était apparue non-voilée et avec une robe décolletée. Des choix, ajoutés à sa participation au film, qui ne plaisent pas au régime iranien. Lors du retour dans son pays, les choses vont même se compliquer. On l’accuse d’être une espionne et l’actrice passe des mois à être interrogée, son passeport est confisqué. Une situation qui la poussera à quitter définitivement son pays, en s’exilant à Paris, où elle habite depuis. “En août 2018, cela fera dix ans que je ne suis pas retournée en Iran”, explique Golshifteh Farahani. Est-ce qu’un retour sera possible un jour ? “C’est mon rêve et mon cauchemar en même temps”, confie-t-elle.