Le 8 février 2018

6h20-L'interview de Raphaëlle Duchemin
Hébergement d’urgence : “Le plan grand froid n’a qu’un temps, la difficulté c’est toute l’année”

Alors qu’un millier de places d’hébergement d’urgence ont été ouvertes grâce à l’activation du plan grand froid, certains SDF dorment toujours dans la rue à Paris, par des températures négatives.

INTERVIEW

Le froid s’accentue, jeudi matin, sur l’Ile-de-France. Des températures “de -5° à -7°C, et localement de -8° à -10°, voire -11°C” sont attendues, avant un possible retour de la neige vendredi. Dans ce contexte, le Plan grand froid a été activé en début de semaine, permettant l’ouverture d’un millier de places d’hébergement d’urgence supplémentaires.

“Des gens peuvent échapper à notre vigilance”. “Il y a une mobilisation exceptionnelle de places, de salles municipales. Les centres d’hébergement ont poussé les murs pour accueillir tout le monde”, relève Eric Pliez, directeur du Samu social à Paris, invité de la Matinale d’Europe 1 jeudi matin. Pour autant, des SDF dorment toujours dans la rue, à Paris comme dans le reste de l’Ile-de-France. “Des gens peuvent encore échapper à notre vigilance. Certains sont habitués à se cacher, à fuir le froid. Tous ne vont pas venir vers ces centres, mais on va faire tout faire pour venir à eux”, assure-t-il.

Plus de moyens. S’il salue “les efforts des pouvoirs publics” pour mettre à l’abri les sans domicile fixe, Eric Pliez assure que ces efforts “restent insuffisants”. “Le plan grand froid n’a qu’un temps, et la difficulté, c’est toute l’année. Les dispositifs sont saturés. On manque de places”, déplore-t-il. Au total, dans la nuit de mardi à mercredi, 46 centres d’hébergement ont été ouverts dans la région parisienne pour accueillir plus de 600 personnes. 

Le 115 ne répond pas ? Il faut insister

Si vous constatez la présence d’une personne sans domicile dans la rue, un numéro d’urgence existe pour l’aider à trouver une solution d’hébergement pour la nuit. Vous pouvez composer le 115, un numéro gratuit, qui vous mettra en relation avec le Samu social de Paris. Ce numéro est disponible 7j/7 et 24h/24. Mais le standard est bien souvent saturé. Eric Pliez explique : “Le 115 reçoit 6.000 appels par jour, et seuls 1.500 sont décrochés. Il faut insister au moins quatre fois avant de pouvoir nous joindre.”