25 février 2019

INFO EUROPE 1
INFORMATION EUROPE 1 – Un vaste réseau de blanchiment d’argent démantelé en région parisienne

Dix personnes ont été interpellées dans cette affaire. Elles sont soupçonnées d’avoir blanchi en quatre ans au moins 25 millions d’euros, par l’intermédiaire de fausses entreprises.

INFO EUROPE 1

Un énorme réseau de blanchiment a été mis au jour en région parisienne, selon une information Europe 1. Dans cette affaire, dix suspects ont été interpellés la semaine dernière, ils auraient “nettoyé” au moins 25 millions d’euros issus du BTP en quatre ans, et rendus “propres” avant que la police judiciaire ne s’en rende compte.

Égarer les policiers trop curieux. Les suspects se servaient d’entreprises éphémères aux noms quasi similaires, des “clones” selon le terme utilisé par les enquêteurs. Sous couvert de fournir du matériel ou de la peinture à des sociétés de BTP, cette kyrielle d’organismes avait en réalité pour mission de leur fournir du cash pour payer des ouvriers au noir. Les unes voyaient le jour quand les autres mettaient la clé sous la porte au bout d’un an ou deux ans maximum. De quoi semer des policiers qui auraient eu la mauvaise idée de s’intéresser à ce business un peu louche.

L’un des suspects interdit de territoire français. Il aura donc fallu un peu plus d’un an à la PJ parisienne pour cerner ce mécanisme, parfaitement huilé, fait de de sociétés “kleenex” – on s’en sert une fois et on jette -, et de fausses factures. À la tête de cet assemblage : un expert en la matière, selon les enquêteurs, un homme déjà mis en cause pour faux en lien avec une entreprise terroriste, en théorie interdit de territoire français mais pourtant bien actif, entre le 19e arrondissement de Paris et Pantin, de l’autre côté du périphérique.

Pour rendre propre l’argent du BTP, les malfaiteurs ont opté pour des investissements dans des entreprises de parfum au Benelux ou de voitures destinées à l’exportation. Sur l’ensemble de la chaîne, les policiers ont interpellé la semaine dernière dix suspects. La combine aurait permis de blanchir depuis 2015 au moins 25 millions d’euros, avec pour victime principale : le fisc et les organismes sociaux.