18 mars 2019

8h15- L'interview politique d'Audrey Crespo-Mara
Interdiction de certains pesticides repoussée : “C’est une décision que je regrette et qui m’exaspère”, s’insurge Brune Poirson

La secrétaire d’Etat auprès du ministre à la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a exprimé sa colère lundi au micro d’Audrey Crespo-Mara contre le “point noir” de la décision de l’Assemblée de repousser de trois ans l’interdicition de certains pesticides. 

INTERVIEW

Alors que Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre à la transition écologique et solidaire, marchait aux côtés des jeunes engagés pour le climat vendredi, les députés ont retardé de trois ans l’interdiction de certains pesticides en France. Une décision qui a déclenché la colère de la secrétaire d’État au micro d’Audrey Crespo-Mara lundi. 

“C‘est encore ce point noir-là que toutes nos oppositions vont utiliser”, regrette Brune Poirson. “C’est une décision qui s’explique mais que je regrette. Et je la regrette d’autant plus que ça m’exaspère”, a déclaré Brune Poirson. “Ça m’énerve parce que c’est encore ce point noir-là que toutes nos oppositions vont utiliser pour faire croire qu’on ne fait rien pour le changement climatique en France. Or nous faisons énormément.”
 

“Nous sommes le gouvernement qui est sur le pied de guerre sur la question climatique”. La secrétaire d’État à la transition écologique a alors listé les engagements du gouvernement. “Nous sommes le gouvernement qui allons fermer les centrales à charbon, et on y travaille déjà. Nous sommes le gouvernement qui va fermer [la centrale nucléaire de] Fessenheim alors que le gouvernement précédent avait dit qu’il le ferait et qui ne l’a jamais fait. Nous sommes le gouvernement qui prenons des mesures drastiques de lutte contre la pollution. Nous sommes le gouvernement qui est peut-être le plus ambitieux dans l’UE. Nous sommes le gouvernement qui était en Afrique et qui a mobilisé 50 milliards d’euros pour la transition écologique là-bas. Nous sommes le gouvernement qui est sur le pied de guerre sur la question climatique et nos oppositions utilisent de petites choses pour faire un écran de fumée. C’est pour cela que cette décision m’énerve.”

 

Nicolas Hulot “porte plainte contre lui-même”, en déposant un recours contre l’État français

Par ailleurs, un an après sa démission du ministère de la Transition écologique, Nicolas Hulot a déposé un recours contre l’État français pour inaction climatique à travers sa fondation aux côtés de trois autres ONG (Greenpeace, Oxfam France et Notre affaire à tous). Brune Poirson estime qu’il porte certaines responsabilités dans cette inaction et donc qu’il porte plainte contre lui-même.

Des responsabilités partagées. “Il porte plainte en partie contre lui-même et ceux qui sont derrière cette pétition [intitulée “L’Affaire du siècle” qui a réuni plus de deux millions de signatures] aussi parce qu’ils étaient aux responsabilités. On est tous d’accord pour les grands principes : ‘Il faut faire plus pour l’environnement.’ Mais quand il s’agit de se salir les mains et de rentrer dans le détail que cela devient beaucoup plus difficile.”

“À chaque réunion interministérielle, vous devez vous battre pour vos questions”. La secrétaire d’État renvoie chacun à ses responsabilités. “Nicolas Hulot a été aux responsabilités, de même que Cécile Duflot [ancienne ministre du Logement et directrice générale d’Oxfam France]. Donc chacun en porte la responsabilité”, estime Brune Poirson. “Et quand vous êtes au gouvernement, c’est très difficile parce que chacun défend son pré carré et qu’à chaque réunion interministérielle, vous devez vous battre pour vos questions. On a la chance d’avoir un président très engagé sur les questions environnementales et climatiques.” Et quand on lui demande si elle a toujours des échanges avec son ancien ministre de tutelle, Brune Poirson répond “j’ai parfois des échanges” avec lui.