25 janvier 2018

10h-12h Bonjour la France
Jacques Weber : “avec Flaubert, on peut parler de réalisme poétique”

Le comédien publie un ouvrage sur l’écrivain Gustave Flaubert, à qui il voue une admiration sans limites.

INTERVIEW

Dès 1996, Jacques Weber incarnait Gustave Flaubert sur scène, lors d’une pièce de théâtre qui mettait à l’honneur les correspondances de l’écrivain. Plus de 4.551 lettres publiques, où l’on découvre un autre Flaubert, “animé par la volonté de trouver un art pur et définitif, (…) avec aussi ce goût de la solitude extrême et ces moments orgasmiques, exutoires”, décrit le comédien français, invité de Bonjour la France

“Au moment où j’écris, je n’ai pas du tout la préoccupation du public en tête”.Dans son livre Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu*, Jacques Weber alterne les écrits entre sa vie et celle de Gustave Flaubert. Une manière de rendre hommage à l’écrivain. Au moment de rédiger cet ouvrage, “je me suis demandé quelle était ma légitimité : je ne suis pas encore un écrivain, mais je suis un acteur et je connais bien ses chemins-là”, explique le comédien.

“Très honnêtement, au moment où j’écris, je n’ai pas du tout la préoccupation du public en tête. C’est quelque chose que j’ai plutôt bien cultivé dans mon métier”, détaille Jacques Weber. Une méthode qui est tout sauf un geste méprisant par rapport à ceux qui le lisent ou le voient sur scène. “C’est justement tout le contraire, car plus j’essaie de plaire, plus ça risque d’être mauvais et vaniteux”, souligne le comédien.

“Avec Flaubert, on peut parler de réalisme poétique”. Avec Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu, Jacques Weber permet donc aux lecteurs de plonger indirectement dans la vie de Gustave Flaubert et d’en savoir plus sur le style de l’auteur de L’éducation sentimentale et ses goûts. “Avec Flaubert, on peut parler de réalisme poétique. Il ne souffre pas l’hyper réalité, il la déteste. Comme il n’aime pas la photographie, pas tellement la peinture et notamment les impressionnistes. Mais lui, dès que par une phrase il sertit le réel, ça devient poétique”, constate Jacques Weber.