18 décembre 2017

En balade avec
Kev Adams : “Je n’ai pas l’impression de faire une carrière mais de réaliser des rêves chaque année”

> Ecouter le podcast de l’émission “En balade avec” Kev Adams 

Le comédien et humoriste joue dans “Tout là haut”, le nouveau film de Serge Hazanavicius. Une expérience qui l’éloigne un peu de ses rôles de comique très proche des jeunes.

Il finit son café au lait. Kev Adams, à l’affiche le 20 décembre du film Tout là haut, a donné rendez-vous à Nikos Aliagas dans un café du 19e arrondissement, là où il a grandi, au pied du parc des Buttes Chaumont. A 26 ans, et malgré sa proximité avec les jeunes, sa carrière a déjà dix ans. “Depuis que j’ai commencé, chaque année, il y a toujours des mauvaises langues pour me dire ‘Attention, c’est de la poudre d’escampette’. Chaque année est donc bonus. Je n’ai pas l’impression de faire une carrière, j’ai l’impression de réaliser des rêves chaque année. Le fait de monter sur scène, de faire des films, d’être libre artistiquement, me rend pleinement heureux”, assure le comédien.

Ses cheveux, une signature. Quand il parle, le jeune homme joue avec ses cheveux. Une longue histoire : “Je n’ai jamais vraiment fait attention à mes cheveux jusqu’à l’âge de l’adolescence. A 14, 15 ans, on commence à faire attention à nos défauts physiques quand les autres nous le font remarquer.” Un défaut ? “C’est un défaut devenu qualité. C’est pour ça que je les touche aussi souvent. J’ai une histoire particulière avec eux. Au collège, les enfants se moquaient de moi, de mes cheveux crépus. Dès que j’ai commencé la scène, je me suis rendu compte que c’était un atout formidable. Les gens disaient : ‘c’est le mec avec les cheveux’. Je suis devenu le mec avec les cheveux.Ça a été ma première signature.”

Le Palais des Glaces. Pourtant, lors de ses premiers cours de théâtre au théâtre Clavel, et sans que ses cheveux aient un quelconque rapport, sa prof lui avait assuré qu’il n’était pas du tout fait pour le théâtre. “Ça m’a fait souffrir, mais j’ai eu besoin de ça pour me motiver”. A force de bosser, il réussit à se produire au Palais des Glaces. Il passe de la petite salle à la grande, avec une jauge de 500 personnages et affiche complet. “C’est ici que je suis vraiment né en tant qu’artiste. Toute ma vie était rythmée par cet endroit. Tous les soirs, j’étais au théâtre.”

Des bienfaiteurs. Laurent Ruquier voit le spectacle et l’incite à passer par la télé. “J’ai commencé à faire son émission On ne demande qu’à en rire et je jouais aussi au Palais des Glaces. Mais effectivement, j’ai bien fait”, de passer à la télé, reconnaît-il. Un autre de ses bienfaiteurs de la première heure a été le cinéaste Serge Hazanavicius. “Serge vient du théâtre. J’étais un môme de 19 ans qui avait des super blagues sur les jeunes mais c’était très mal organisé. Il est venu organiser ce spectacle. On a créé un vrai mix de stand up et de one man show. Je racontais ma vie avec beaucoup de naturel et de temps en temps, j’emmenais les gens vers des personnages.”

Rôle improbable. La relation avec son mentor a perduré : dans le long-métrage Tout là Haut, le cinéaste a offert à Kev Adams le rôle d’un snowboardeur à la recherche de sensations fortes. Son but ? Descendre l’Himalaya en snow. “C’est un rôle improbable qui paraît à des milliers de kilomètres de ce que je suis dans la vie, loin des blagues, des jeunes, du type de projet qu’on me propose habituellement.” Pour ce rôle, il a rencontré des passionnés à Chamonix, en Haute-Savoie. “Ils ne se sentent vivants que quand ils sont à 3.000 mètres d’altitude, sauf que mon altitude, c’est la scène. C’est très fort dans la vie d’avoir la sensation d’être là où il faut être.”