16 mars 2018

Circuits Courts - en direct de Bordeaux
“La gentrification de Bordeaux est un fantasme”, assure Alain Juppé

Invité de Circuits courts sur Europe 1, le maire de Bordeaux assure avoir le souci de préserver la sociologie de sa ville, en pleine croissance démographique depuis le début des années 2000.

INTERVIEW

Bordeaux est-il le nouveau Paris ? 58% des cadres franciliens se disent prêts à déménager pour s’installer dans la capitale gironde, selon une étude réalisée par Cadremploi en 2017. Bordeaux fait partie des villes les plus attractives grâce à son cadre de vie, son dynamisme et depuis peu sa ligne à grande vitesse. Preuve de ce succès, les prix de l’immobilier ont augmenté de 15% en un an et de 40% en dix ans. Pour autant, la ville a conservé son caractère populaire, assure Alain Juppé, son maire. “La gentrification est un fantasme”, déclare-t-il vendredi, au micro de Circuit courts sur Europe 1. “Je vous invite à vous promener dans certains quartiers comme le Saint-Michel ou le Bacalan. Fondamentalement, la sociologie de ces quartiers n’a pas été transformée”, assure-t-il.

Le défi de la croissance. “Au siècle précèdent, Bordeaux a perdu presque 100.000 habitants. Il y avait 300.000 habitants au début du 20ème siècle, et au début des années 1990 à peine 200.000. Les gens étaient partis”, rapporte l’édile pour qui l’augmentation des prix de l’immobilier est d’abord due à la croissance démographique de la ville, repartie à la hausse au début des années 2000. “Nous avons regagné 50.000 habitants, et nous sommes aujourd’hui à 250.000 habitants et ça je m’en réjouis, parce qu’une ville qui se vide est une ville qui décline”.

Des loyers stables. À l’inverse, Alain Juppé veut faire valoir la stabilité des loyers. “J’ai lu hier avec beaucoup de satisfaction, dans Sud-Ouest, que les loyers à Bordeaux depuis deux ans n’ont pas augmenté, ont même baissé”, se félicite-t-il. “L’accession à la propriété, elle, c’est vrai, a augmenté. C’est pour ça que nous essayons de développer une politique qui permette à tout le monde de se loger. Dans tous les programmes que nous avons aujourd’hui, [il y a] 35% de logements locatifs sociaux avec des loyers réglementés et encadrés”, explique-t-il.

Construire intelligemment. Pour limiter la flambée des prix, “il faut construire beaucoup, c’est la raison pour laquelle nous avons beaucoup de projets”, avoue Alain Juppé. “Il ne s’agit pas de construire en quantité, il faut construire en qualité et là j’essaye d’y veiller”, souligne-t-il, tout en indiquant son souci de lutter contre la malfaçon. “Nous venons de signer avec les promoteurs-constructeurs une charte du bien construire à Bordeaux qui nous permet de labelliser ceux qui jouent vraiment le jeu”, conclut Alain Juppé.