17 mai 2017

7h45- L'interview de Thomas Sotto
La main tendue à la droite : “Une gifle à nos candidats” pour Éric Ciotti

Le député LR des Alpes-Maritimes soutient le rassemblement de sa famille politique face à Emmanuel Macron.

INTERVIEW

Les Républicains dressent des garde-fous face aux signaux envoyés par Emmanuel Macron à la droite. Alors que 173 élus LR ont signé un appel pour “saisir la main tendue” par le nouveau président de la République, Éric Ciotti, considère lui, cette main tendue “comme une gifle donnée à nos candidats”, comme il l’a expliqué mercredi matin dans la Matinale d’Europe 1.

“Une majorité de droite et du centre”. “L’immense majorité [des membres du bureau politique LR] a exprimé sa volonté que nous ayons une campagne derrière des idées claires, fortes, derrière François Baroin […] pour que nous ayons le plus possible de députés LR et UDI”, assure-t-il, alors que les 577 candidats LR-UDI investis pour les élections législatives ont lancé un appel au rassemblement, estimant que “la France a plus que jamais besoin d’une majorité de droite et du centre à l’Assemblée nationale”.

“Beaucoup d’ambition et peu de conviction”. Concernant les élus LR désireux de travailler avec Emmanuel Macron, Eric Ciotti veut rappeler que, “dans cet appel, il y a uniquement cinq députés sortants”. “Derrière, il y a beaucoup d’ambition et peu de conviction”, ajoute-t-il. “Cette main tendue, c’est une main sur le téléphone portable pour qu’on les appelle”.

Macron fracture la droite. “Si tous ceux qui, aujourd’hui, font un saut du même zèle pour soutenir monsieur Macron et ses candidats avaient fait campagne pour François Fillon, a tout le moins François Fillon aurait été au second tour”, estime encore ce sarkozyste. “On voit bien ce qui guide monsieur Macron dans cette affaire, il l’a dit lui-même dans le reportage des coulisses de sa campagne diffusé par Envoyé Spécial : le but c’est de les faire venir pour les déstabiliser”. 

“On est dans le débauchage individuel contre un marocain ministériel, c’est lamentable”, conclut l’élu.