15 mai 2019

7h45 - L'interview politique de Nikos Aliagas
L’association Fraternité générale veut “une fête de la fraternité, comme il y a une fête de la musique”

Pour Abdennour Bidar, le président de l’association Fraternité Générale, la fraternité est quelque chose qui se met en oeuvre, a-t-il rappelé mercredi au micro de Nikos Aliagas, sur Europe 1.
INTERVIEW

“Les belles déclarations théoriques, les frontons, c’est formidable, mais la fraternité c’est quelque chose qui se vit, qui se met en oeuvre”. Mercredi, au micro de Nikos Aliagas, sur Europe 1, Abdennour Bidar, le président de l’association Fraternité Générale, ce mouvement qui promeut la fraternité à travers des actions culturelles, pédagogiques et citoyennes partout en France, a encouragé les citoyens et les politiques à agir pour que la fraternité “devienne notre pain quotidien en créant là où l’on vit, là où l’on travaille, des petits écosystèmes de fraternité”.

Pour y parvenir, l’association a demandé au pouvoir politique “d’instituer tous les ans une fête de la fraternité, comme il y a déjà une fête de la musique”. “Il s’agit de se donner un grand moment collectif dans lequel on va pouvoir prendre à bras le corps les problèmes de notre société : d’une part l’inégalité, d’autre part des solitudes”, précise Abdennour Bidar. “L’objectif est de mettre à la place davantage de justice et de partage”.

Jeudi soir, l’association organise des “dîners en couleurs” dans une dizaine de villes de France parmi lesquelles Lyon, Paris, Carcassonne, Aix-en-Provence. “Un moment de convivialité, dans lequel les croyances, les origines, les couleurs de peau, les cultures vont pouvoir se brasser. Rien de plus extraordinaire que de partager un repas d’autant plus qu’il est gratuit”, ajoute le président de Fraternité générale.

Selon le deuxième baromètre de la Fraternité, réalisé par OpinionWay pour le Labo de la fraternité et publié mercredi dans Le Parisien, les Français ne sont aujourd’hui que 46 % à agir, organiser des actions ou collaborer à un projet avec des individus de générations différentes de la leur, 40 % avec des interlocuteurs issus de milieux sociaux différents et 36 % avec des personnes de couleur de peau différentes.

“Une fois que l’on a fait ce constat, il faut agir”, insiste-t-il. “On se crée des occasions, on se crée du temps en essayant de se consacrer à quelque chose qui a du sens. Cela veut dire discuter de temps en temps avec le voisin avec lequel on avait jamais pris le temps de parler par exemple. Ce sont des choses très simples. L’idée c’est qu’il y ait petit à petit quelque chose qui transforme notre quotidien”.