13 octobre 2017

8h15- L'interview politique
Laurent Berger : ” la page de la réforme du travail n’est pas tournée”

Le secrétaire général de la CFDT a assuré au micro d’Europe 1 que le combat contre les ordonnances travail n’est pas terminé et réclame au président une vraie politique sociale.

Avant de rencontrer Emmanuel Macron vendredi matin pour parler des réformes de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a assuré, sur Europe 1, que la contestation des ordonnances réformant le code du travail n’est pas finie. “Il n’y a aucune page qui est tournée. Je dirai au président que l’ambiance au sein des salariés est un peu lourde. Un certain nombre de décisions ont été prises au début de l’été et elles tombent souvent du mauvais côté, avec la baisse des APL, la baisse des contrats aidés et donc certains points des ordonnances”, a dit Laurent Berger, invité de la matinale avec Patrick Cohen.

“Des pratiques des gouvernants qui ont choqué”. “Nous avons besoin d’une politique sociale assumée avec plus de sécurité pour les salariés et les chômeurs. Emmanuel Macron a été élue face au Front national. Il y avait une attente d’une forme de bienveillance, d’une politique de cohésion sociale. Ça n’a pas été dans ce sens là”, regrette Laurent Berger. Le leader de la CFDT adresse également un tacle au président, après sa petite phrase sur les salariés “qui foutent le bordel” : “Il y a eu des pratiques des gouvernants qui ont pu choquer les salariés. La politique menée depuis le début est inquiétante”.

Reste que la CFDT n’a pas appelé à la mobilisation lors des journées d’action contre les ordonnances. Un choix assumé par Laurent Berger, pour qui mobilisation ne rime pas qu’avec manifestation. “La mobilisation, c’est tous les jours dans les entreprises. Ça pèse sur le quotidien des salariés et c’est plus important encore que de peser sur le gouvernement”, dit-il. “Du reste, nous avons pesé tout l’été pour que le gouvernement ne franchisse pas un certain nombre de lignes jaunes”, ajoute le leader syndical.