4 décembre 2017

8H15-L'invité de Patrick Cohen
Le nationaliste corse Gilles Simeoni : “C’est un raz-de-marée démocratique”

Arrivé en tête du premier tour des élections territoriales en Corse, dimanche, le nationaliste Gilles Simeoni réclame un statut d’autonomie de plein droit pour l’île, sur le modèle de la Sardaigne.

S’attendait-il à cette “forme de plébiscite”, comme il l’a décrite ce lundi matin ? Dimanche soir, le nationaliste Gilles Simeoni est arrivé largement en tête du premier tour des élections territoriales de Corse avec la coalition qu’il mène avec Jean-Guy Talamoni. “C’est un raz-de-marée démocratique, nous sentions qu’il y avait une adhésion forte”, s’est il-réjoui au micro d’Europe 1.

Demande de dialogue avec Paris. Mais le nationaliste est déjà tourné vers l’avenir. “Agir sur les domaines économique et social”, d’abord, avant une action plus politique en vue de l’autonomie : “Nous souhaitons que Paris accepte enfin d’ouvrir le dialogue en reconnaissant que si la question corse a une dimension sociale, culturelle et institutionnelle, elle a aussi et surtout une dimension politique avec un peuple corse reconnu”, revendique-t-il aujourd’hui.

Modifier la Constitution… Parmi les demandes du nouvel exécutif qu’il devrait diriger pour trois ans, figure les questions de la co-officialité de la langue corse, le statut des résidents et l’enjeu des prisonniers politiques. Pour que la langue corse soit reconnue au même titre que la langue française, il faudrait modifier la Constitution. Une tâche difficile ? “Elle a déjà été modifiée plusieurs fois ces dernières années. Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c’est à la Constitution de changer, pas au peuple de disparaître”, clame-t-il.

… et affirmer le statut de résidents dans l’île. Concernant le statut des résidents, Gilles Simeoni souhaite “une série de mesures pour préserver un lien historique entre peuple corse et sa terre”, avec notamment cinq ans de résidence nécessaires sur l’île pour acheter un bien immobilier. À propos des prisonniers, l’homme réclame l’amnistie pour les prisonniers politiques corses, y compris pour les crimes de sang. “Sur le principe, nous n’excluons aucun fait du périmètre de la loi d’amnistie”, précisant que l’assassinat du préfet Erignac en 1998 était “un acte particulièrement grave” pour lequel les personnes condamnées avaient purgé leur peine. 

Le modèle catalan “pas applicable”. Le tout sur un modèle proche de celui de la Sardaigne, île proche de la Corse, et non pas de la Catalogne, en pleine crise sur son indépendance : “J’ai beaucoup de sympathie pour peuple catalan, mais le modèle catalan n’est pas applicable”, précise-t-il.