31 juillet 2017

L'interview politique d'Antoine Genton
Les agressions sont ” le signe d’une dégradation du débat politique”, selon Olivier Faure

Pour le président du groupe Nouvelle gauche à l’assemblée, les agressions qui se multiplient à l’encontre des politiques sont la suite logique d’un populisme croissant.

INTERVIEW

Au lendemain de l’agression de Laurianne Rossi, députée La République en marche sur un marché de Bagneux dans les Hauts-de-Seine, Olivier Faure, président du groupe Nouvelle gauche à l’assemblée, s’est élevé contre la violence exercée à l’encontre des politiques. “On ne peut accepter qu’on agresse une parlementaire parce qu’elle est parlementaire”, a-t-il fait valoir lundi, dans la matinale d’Europe 1.

La faute au “populisme” ? Après la gifle de Manuel Valls pendant la primaire de la gauche et l’agression commise sur Nathalie Kosciusko-Morizet lors de la campagne pour les législatives, Olivier Faure constate que cette violence “se multiplie ces dernières semaines”, bien que cela reste, selon lui, “des actes isolés, pas si nombreux”. Pour le député socialiste de Seine-et-Marne, il s’agit là d’une “violence latente qui s’exprime maintenant”. “J’y vois le signe d’une dégradation du débat politique”, analyse Olivier Faure. “À force de dire que les parlementaires sont des fainéants, qui n’arrivent à rien, qui sont là pour croquer l’argent qu’on leur distribue chaque mois, que le ‘dégagisme’ est la meilleure façon de réagir à la crise que nous vivons, ça peut encourager à la violence”, estime l’élu.

Si les parlementaires sont devenus “les cibles naturels du désarroi collectif”, c’est donc notamment le fait d’un “populisme” croissant. “Le populisme trouve sa prolongation dans la violence (…) Il n’y a plus de respect pour la fonction politique”, juge-t-il.

Laurianne Rossi a porté plainte contre son agresseur, dimanche. Ce dernier, “clairement hostile à la politique du gouvernement et de la majorité” selon la députée REM, lui a asséné “un violent coup de poing à la tempe droite” avant de prendre la fuite. Il a été rattrapé par des militants et des commerçants et emmené au poste. La classe politique dans son ensemble a vivement dénoncé cette agression.