6 juillet 2017

7H45- L'interview de Thomas Sotto
Les enfants nés de GPA à l’étranger pourront avoir deux parents légaux en France : “C’est un demi pas”

Pour Laurent, père de jumelles nées au Canada d’une GPA, le jugement rendu mercredi par la Cour de cassation va dans le bon sens, explique-t-il jeudi sur Europe 1.

INTERVIEW

“C’est une avancée pour les parents que nous sommes”. Jeudi, sur Europe 1 Laurent, père de jumelles nées au Canada d’une GPA s’est réjoui du jugement rendu par La Cour de cassation. La plus haute juridiction française a estimé mercredi qu’un enfant né d’une mère porteuse à l’étranger pouvait être adopté par le conjoint de son père biologique, et donc se voir reconnaître légalement deux parents en France.

Une adoption pour devenir parent légal. En revanche, elle a refusé la transcription automatique en droit français d’actes de naissance étrangers qui donnent d’emblée pour parents à l’enfant les deux membres du couple ayant eu recours à la gestation pour autrui (GPA), pratique interdite en France. En clair, lorsqu’un couple a recours à la GPA à l’étranger, le parent non biologique doit procéder à une adoption pour devenir le parent légal, y compris dans le cas d’un couple hétérosexuel. “Cette décision, c’est un pas dans la bonne direction mais c’est un demi pas”, regrette-t-il.

Avoir un débat serein sur la GPA. “Maintenant, il serait temps que l’on puisse avoir un débat éclairé et serein sur la GPA car c’est un débat qui a été confisqué et hystérisé”, souligne Laurent. “Or, ce que je constate, c’est qu’à partir du moment où les gens se posent sur l’humain, sur deux petites têtes blondes que vous leur présentez, tout à coup les postures tombent et évoluent.”

Une situation compliquée. Aujourd’hui, il assure se trouver dans une situation compliquée avec son conjoint. “On a un acte de naissance canadien qui nous reconnaît tous les deux papas. Au Canada, nous sommes dans une situation claire. Mais en France, ce qu’on nous explique, c’est que je ne suis pas le père des deux filles”,précise Laurent. “Je suis seulement le père d’une seule de mes filles, celle avec laquelle j’ai le lien biologique et mon mari est le père de l’autre”. Il assure vivre avec une épée de Damoclès sur la tête : “Si l’un de nous deux venait à mourir, on ne sait pas de ce qu’il adviendrait pour l’enfant qui perd son père biologique”.