3 octobre 2017

Le coup de patte de Nadia Daam
Les femmes à poil : la nouvelle kryptonite des hommes

Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Il est des moments où l’on désespère de l’avenir de l’humanité. Comme par exemple, pêle-mêle, devant l’intégralité de la grille NRJ12, devant 99% des comédies françaises ou face à n’importe quelle intervention cathodique de Valérie Pécresse.

Mais on perd aussi foi en l’humain, quand on découvre les réactions suscitées par la dernière campagne Adidas. Pour égérie d’une de ses nouvelles paires de baskets et dans le cadre d’une campagne baptisée “les icones de demain”, la marque a fait appel à Arvida Bystrem, jeune photographe de suédoise de 25 ans qui a une particularité. Arvida Bystrem possède des poils sur les jambes.

Et oui, elle ne s’épile pas, et ne s’en cache pas. C’est même une démarche féministe et artistique puisque dans son travail de photographe, elle explore les diktatt imposés au corps féminin. Elle ne se rase ni les jambes, ni les aisselles, ni le maillot. Et c’est son droit le plus strict.

Et il faut aller voir les commentaires sous la photo publiée sur Instagram pour arriver à deux conclusions.

D’abord, que Dieu a créé la fonction commentaire pour tester notre capacité à surmonter les fléaux. Le Moyen-Age avait la peste et la famine. Le XXIe siècle a les commentaires sur Internet et Yann Moix, c’est nos croix à nous.

Parce que figurez-vu que quantité d’hommes se sont sentis agressés par ces poils sur les jambes du mannequin et l’ont fait savoir à l’intéressée, en l’insultant, en la suppliant de se raser, ou encore en la menaçant de viol.

Et oui, le poil fait peur aux hommes, à certains en tout cas, c’est leur kryptonite. 
En même temps, c’est riche d’enseignement, s’il suffit de se faire pousser les poils pour neutraliser un mâle dominant, je suis prête à aller voir Vladimir Poutine nue, entre deux rendez-vous chez Body Minute. Si ça se trouve, il va rendre la Crimée quand il va voir mes demi-jambes après deux mois de jachère.

Ce qui est intéressant, c’est que cette question des poils fait l’objet d’injonctions contradictoires. Il y a d’un côté, ceux qui estiment qu’une femme doit être lisse comme le crane de Francois Lenglet. Et d’un autre, la presse féminine qui, après nous avoir convaincue qu’un sourcil mal épilé était passible de prison ferme, nous explique finalement que “le poil en liberté, c’est le nouveau noir”.

Même l’actrice Cameron Diaz s’est improvisée ambassadrice du frifri velu en déclarant que “les poils pubiens servent de petits rideaux qui rendent votre sexe un peu mystérieux à quiconque vous convoite”. C’est frais cette métaphore du rideau mais après huit mois, en lieu et place de petits voilages parme qui volettent dans une brise de printemps, on a des volets roulants Somfy pour baie vitrée.

En attendant que tout le monde se mette d’accord, ou fichent la paix aux femmes et à leurs poils, Nadia Daam va aller faire peur à des hommes dans la rue en levant les bras.