5 avril 2019

Vous-êtes où ce matin ?
L’hypnose débarque à l’hôpital : “Je voyais que ma fille n’avait plus mal alors que c’était grave”

La pratique de l’hypnose s’est répandue au CHU Édouard-Herriot de Lyon. La méthode se montre efficace et se pratique également par téléphone, ce qui permet de désengorger les urgences.

REPORTAGE

Encore confidentielle, la pratique de l’hypnose a vocation à se développer dans les CHU. A l’hôpital Édouard-Herriot, à Lyon, l’hypnose se développe partout. A la maternité, dans les salles d’opération et dernièrement au Samu. Les médecins sont formés à cette nouvelle méthode, utilisée par exemple pour soigner une crise de panique. Elle permet de gérer le stress d’un patient, sa douleur.

 
 

“Ils se sont mis à beaucoup lui parler avec des petites lumières.” Rosalie, deux ans et demi, en a fait l’expérience. Elle a été hypnotisée alors qu’elle venait de se brûler au bras avec une théière. Lorsque l’équipe du Samu est arrivée, la fillette hurlait. Sa mère raconte la suite à Europe 1 : “Je n’arrivais pas du tout à la calmer, elle était en furie. Ils l’ont changée d’espace, ils l’ont mise sur le canapé, ils m’ont demandé de me rapprocher et puis ils se sont mis à tout expliquer, à beaucoup, beaucoup lui parler avec des petites lumières qui s’allumaient.”

“Je l’ai vue vraiment changer. Elle s’est mise à répondre et à jouer avec les soignants alors qu’ils n’avaient encore rien fait pour soulager sa douleur. C’était une ambiance de jeu complètement en décalage avec la situation de crise qui existait cinq minutes avant. Je voyais surtout qu’elle n’avait plus mal alors que c’était grave”, raconte-t-elle.

Une pratique qui se fait aussi par téléphone. L’hypnose fonctionne de façon assez simple. Vous êtes concentré sur votre douleur et les soignants vont tout faire pour perturber cela, avec le son de leur voix, avec des termes positifs, en répétant des phrases incohérentes. C’est tellement efficace que la pratique se fait même par téléphone, dès l’appel au 115, pour calmer les patients et mieux les diagnostiquer et les orienter.

Notre journaliste a pu assister à un dialogue entre un médecin des urgences et une femme qui appelait, alors qu’elle faisait une crise de panique en pleine rue et avait du mal à respirer. Avec une voix douce et posée, le médecin lui a donné quelques indications :

– Je respire mal.

– Il est dans quelle main votre téléphone ?

– La main droite.

-Vous allez simplement essayer de rapprocher votre main gauche de votre main droite. Vous allez sentir au fur et à mesure, une sensation de bien-être. Vous pouvez fermer les yeux tranquillement et là, vous respirez tranquillement, amplement. Est-ce que vous sentez ? Votre respiration s’est améliorée.

– C’est de l’hypnose ou quoi ?

– Ça y ressemble.

– Oui, je me sens mieux là.

Il a suffi de quelques minutes pour faire en sorte que la patiente aille mieux. L’hypnose permet donc de faire des économies en désengorgeant les urgences, et en évitant de faire déplacer un effectif du Samu. Pas moins de 45 personnes au Samu de Lyon sont formées à l’hypnose. Au moins 15 de plus le seront avant le fin de l’année.