29 janvier 2018

15h-16h La Vie devant Soi
L’ikigaï ou comment trouver sa raison de se lever le matin

Chacun peut trouver une raison de se lever le matin grâce à une méthode : l’ikigaï. Et cela nécessite de passer par plusieurs étapes. “C’est un chemin de vie”, explique Grégoire, qui a trouvé le sien au bout d’une quinzaine d’années.

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INTERVIEW

Ikigaï. Ce mot ne vous dit probablement rien et pourtant, il pourrait changer votre vie. Pour comprendre ce qu’est l’ikigaï, direction l’île d’Okinawa au Japon, qui a la réputation d’abriter les centenaires les plus heureux du monde. Et cela n’est pas seulement dû aux immenses plages et aux massifs coralliens que l’on peut y trouver. En plus de ce cadre paradisiaque, les habitants de cette île “ont chaque matin, une bonne raison pour se lever”, explique Christie Vanbremeersch, auteur du livre Trouver son ikigaï, dans l’émission La vie devant soi sur Europe 1.

L’ikigaï, quatre cercles qui se rejoignent. Une bonne raison de se lever le matin, voilà la définition de l’ikigaï. “L’ikigaï, c’est l’intersection entre quatre cercles. Le premier cercle c’est : ‘Qu’est-ce-que j’aime faire ?’ Le deuxième c’est : ‘Qu’est-ce qui a du sens pour moi et qui correspondrait à une mission ?’ Le troisième cercle est : ‘Qu’est-ce que je sais bien faire ?’ Et le quatrième cercle c’est : ‘Comment est-ce que je peux gagner ma vie ?'”, détaille Christie Vanbremeersch. Passion, mission, savoir-faire et argent, voilà donc les quatre mots clés de l’ikigaï, qui trouve son existence lorsqu’ils se rencontrent.

Tout le monde est capable de trouver son ikigaï

Mais connaître la notion de l’ikigaï ne suffit pas. Comment faire désormais pour trouver le sien ? Car oui, “tout le monde est capable de trouver son ikigaï”, assure Grégoire, qui a entrepris cette démarche avec réussite. Première étape : acheter un cahier, mais pas n’importe lequel. “C’est important qu’il soit beau parce que l’idée est d’avoir envie d’y aller”, explique Christie Vanbremeersch avant d’ajouter : “J’ai essayé ce réveil matinal avec trois pages de méditation. (…) Il y avait mes rêves, mes obsessions, ma tristesse, ma joie, mes idées précieuses, beaucoup de choses très mesquines qui, une fois qu’elles sont posées sur la page, ne viennent plus m’encombrer pendant la journée.”

A chacun sa façon de méditer. Depuis, c’est devenu un rituel tous les matins, comme se brosser les dents. Cette forme d’introspection peut toutefois se faire de différentes façons. Il convient à chacun de “trouver sa manière à soi de méditer” : “Comme j’aime écrire, ça me convient. Il y a des gens qui prient, il y a des gens qui courent, il y a des gens qui coupent des légumes, il y a des gens qui marchent… On n’a pas tous vocation à noircir trois pages tous les matins.”

Le deuxième point important dans la recherche de son ikigaï est de ne jamais en vouloir à sa colère, qui “est une amie un peu vacharde, mais pas une ennemie”. “Elle nous dit : ‘Voilà ce qui ne va pas.’ Il y a pas mal d’entreprises qui ont été créées sur des colères. (…) Demande toi comment tu pourrais agir sur ta colère plutôt que de t’empoisonner avec le fiel”, conseille Christie Vanbremeersch qui prend l’exemple d’une mère qui en avait assez de voir sa fille revenir de fêtes d’anniversaire avec des tatouages éphémères de mauvaise qualité sur les bras. Pour remédier à cela, “elle a créé des tatouages éphémères de bonne qualité” réalisés “par des artistes”.

Chercher un ikigaï, c’est vraiment un chemin de vie

Dernière chose à savoir, trouver son ikigaï passe également par l’échec. Grégoire en est le meilleur exemple. Avant de créer le Cours du Pont de Pierre, une école qui accueille des élèves en décrochage scolaire, il lui a fallu “plus d’une quinzaine d’années” et deux échecs (deux entreprises qu’il avait lancées avant d’en cesser l’activité). “Chercher un ikigaï, c’est vraiment un chemin de vie”, témoigne-t-il. Malgré l’échec, Christie Vanbremeersch souligne “l’importance de rater des choses” afin de savoir comment réajuster le tir.

“Il ne faut pas se décourager.” Si Grégoire a mis une quinzaine d’années à trouver le sien, d’autres y parviendront beaucoup plus rapidement. “On n’est pas égaux devant l’ikigaï. (…) Il ne faut pas se décourager. C’est important de se dire : ‘Je vais le trouver !'”, assure Christie Vanbremeersch. Le chemin de l’ikigaï n’est pas toujours le plus gai mais la destination vaut bien l’effort, pour que le réveil chaque matin, n’en soit plus un.