13 juin 2017

7h45 - L'invité de Thomas Sotto
L’obésité : une inégalité génétique et un problème addictif

William Lowenstein, addictologue et président de l’association SOS Addictions, invité mardi sur Europe 1, a expliqué pourquoi le nombre d’obèses augmente dans de nombreux pays.

INTERVIEW

Le nombre d’obèses a plus que doublé dans 73 pays depuis 1980 et a continué à augmenter dans les autres nations, entraînant un fort accroissement de maladies liées au surpoids, selon une vaste étude publiée lundi. Mardi matin, sur Europe 1, William Lowenstein, addictologue et président de l’association SOS Addictions est revenu sur les causes de l’explosion de cette maladie. “L’évolution des sociétés modernes a été plus rapide que la capacité d’adaptation du corps et du cerveau humain”, souligne l’addictologue. “Il y a encore une centaine d’années on était formaté plutôt pour faire face au trop peu, à la famine. Et dès que l’on avait quelque chose à manger, on stockait. C’était l’effet bosse à bison. Mais les temps ont changé. La société maintenant, c’est l’opulence. Notre corps et notre cerveau n’ont pas eu le temps de s’adapter “, constate-t-il.

Une inégalité génétique. Et à ce jeu là, certains sont plus ou moins chanceux. “On est capable, pour certains dont les parents étaient privilégiés il y a des centaines d’années, de boire deux bouteilles de soda par jour sans prendre vraiment un kilo et d’autres vont prendre trois kilos en regardant une bouteille”, ajoute William Lowenstein. C’est une inégalité génétique. “Ce sont ceux qui là qui génétiquement ont réussi à se sélectionner en survivant avec très peu.”

Une addiction à l’alimentation. Mais outre cet aspect génétique, c’est le pouvoir addictif de l’alimentation qui va jouer. “L’alimentation est l’une de nos premières drogues. Quand on mange, on pense moins, on s’apaise, on est moins seul. Cela joue sur le circuit de la récompense. Quand on est dans une société avec du stress et une forme de solitude, manger devient la première drogue accessible”, précise-t-il. Aussi, il n’est pas étonnant selon lui de voir les addictions alimentaires augmenter. “Plutôt que de faire de la diététique, des choses qui ont leur limite, on pourrait avoir une lecture addictologique”.