16 novembre 2018

Malgré leur acquittement, “les mensonges de Monsieur Tron et de Madame Gruel sont reconnus”, se console Eva Loubrieu

TÉMOIGNAGE – Après sept ans de procédure, Georges Tron et son ancienne adjointe ont été acquittés jeudi par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis. Eva Loubrieu, l’une des deux accusatrices, se satisfait de voir au moins reconnue l’existence des actes sexuels. Elle a choisi Europe 1 pour réagir.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

“Je ressens beaucoup de douleur, parce que ces quatre semaines ont été d’une immense violence.” En sortant du tribunal de Bobigny jeudi après-midi, Eva Loubrieu s’est montrée déçue, mais pas abattue. La cour a décidé d’acquitter l’ex-maire de Draveil Georges Tron et son adjointe à la Culture Brigitte Gruel, que l’ex-employée municipale accusait d’attouchements et de pénétrations digitales entre 2007 et 2010.

Des scènes à caractère sexuel “avérées”. “J’ai encore foi, puisque depuis 2011, Georges Tron et Brigitte Gruel n’ont de cesse de dire que rien ne s’est passé, qu’il n’y a eu aucune relation sexuelle. Aujourd’hui, la cour met en évidence l’existence de toutes ces scènes”, affirme cette femme de 44 ans au micro d’Europe 1. En effet, si les jurés ont bien acquitté l’ancien secrétaire d’Etat au bénéfice du doute, ils ont écrit noir sur blanc dans leur motivation que “les scènes à caractère sexuel décrites par les plaignantes sont avérées”, et qu’elles s’inscrivaient “dans un climat général hyper sexualisé entre Georges Tron et plusieurs de ses collaboratrices”.

“Tout cela a une importance capitale. Ça veut dire que ma parole est reconnue, et que les mensonges de Monsieur Tron et de Madame Gruel sont également reconnus”, appuie Eva Loubrieu. Le maire de Draveil et sa co-accusée ont toujours farouchement nié l’existence de ces jeux sexuels en mairie, et ont même nié toute relation intime entre eux.

“Pas de vidéos ou d’enregistrements”. La cour a cependant jugé qu’il n’y avait pas la preuve du non-consentement des plaignantes. Dans les récits des deux femmes, les jurés ont retenus des incohérences et des mensonges, suffisamment pour écarter toute forme de contrainte qui aurait été exercée sur elles. “Il manquait a priori des éléments pour constituer l’absence de consentement. Et effectivement, il n’y a pas de preuves factuelles, de vidéos, d’enregistrements… Mais dans ce verdict, il est très clair que Monsieur Tron et Madame Gruel ont menti”, insiste Eva Loubrieu sur notre antenne.

Le ministère public a dix jours pour faire appel, ce que “souhaite ardemment” Eva Loubrieu. “Je continue à croire en la justice.”