28 mars 2018

Europe Matin
Maternelles : le gouvernement aura “une politique volontariste dans les territoires ruraux” et “en difficulté”

Alors que le gouvernement a annoncé la scolarisation obligatoire dès 3 ans, le ministre de l’Education nationale a précisé les améliorations qu’il compte apporter à l’école maternelle.

INTERVIEW

En France, à l’école maternelle, on compte 22 enfants pour un seul enseignement, quand la moyenne est de 13 enfants pour un enseignement dans l’Union européenne. Jean-Michel Blanquer veut faire mieux. Invité de Patrick Cohen dans la Matinale d’Europe 1 mercredi, le ministre de l’Education nationale a détaillé les mesures qu’il compte présenter pour permettre aux plus petits d’entrer dans l’apprentissage dans les meilleurs conditions.

Une manière de “lutter contre les inégalités sociales”. S’il se refuse à donner un objectif chiffré, il assure se tenir à une “politique volontariste”, “principalement dans les territoires ruraux” ou “en difficulté, dans la périphérie des villes”. Cela passera notamment par la création de places supplémentaires dans certains établissements comme à Marseille, ou la construction d’écoles en Guyane, par exemple. “Nous savons que si nous voulons aller au cœur de la lutte contre les inégalités sociales, nous devons prendre les problèmes le plus tôt possible. En permettant l’épanouissement des enfants et l’acquisition du langage, fondamental à l’école maternelle. Nous devons le faire pour tous les enfants, et a fortiori pour les élèves les plus défavorisés”, a soutenu le ministre. 

Pour améliorer le taux et la qualité de l’encadrement à l’école maternelle, le gouvernement ambitionne également de “mieux former les professeurs et les Atsem”, ces assistant(e)s aux enseignants de maternelle.

La scolarisation à 2 ans au cas par cas. Mardi, le gouvernement a annoncé la scolarisation obligatoire des enfants de 3 ans en maternelle. Aujourd’hui, si 20.000 enfants ne sont pas encore scolarisés à cet âge, d’autres intègrent la petite section avant 3 ans. “Le chiffre est d’environ 10%”, précise Jean-Michel Blanquer. “La scolarisation à 2 ans peut être bonne pour certains enfants, et mauvaise pour d’autres. Nous devons avoir une approche au cas par cas, avec une visée sociale assez forte. C’est surtout pertinent pour un enfant dont les circonstances familiales ne sont pas favorables”, explique le ministre. 

S’il assure donc “maintenir la possibilité de la scolarisation à 2 ans pour les familles”, “ça ne doit pas être quelque chose de systématique”.