12 février 2018

Village Médias
Mathieu Madénian et Thomas VDB : “Pour en rire, il faut laisser aux gens le temps de digérer l’actualité”

Le duo comique, à l’affiche d’une nouvelle série sur W9, a réagi à l’éviction de Tex sur France 2. S’ils déplorent une sanction brutale et disproportionnée, ils estiment également que la blague était malvenue.

INTERVIEW

Dans leurs Messages sur W9, Mathieu Madénian et Thomas VDB osaient parfois des blagues frôlant avec la controverse. Mais c’est justement l’équilibre de ce tandem – “Mathieu qui a la tête sur les épaules, qui sait où il va, et Thomas, celui qui ne comprend pas, qui se met en colère pour les mauvaises raisons – qui leur offre cette opportunité. Invités de Village Médias lundi pour la promotion de leur nouvelle série Au bord de la crise de nerfs sur W9, les deux humoristes ont réagi à l’éviction de l’animateur Tex des Z’Amours sur France 2, après une “blague” sur les femmes battues.

“Personne ne se permettrait de faire des blagues sur Maëlys”. Pour Mathieu Madénian, “on a le droit, en tant qu’humoriste, de se planter, de taper à côté”. L’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, pour lequel il travaille toujours chaque semaine, avait à l’époque pris la défense de l’animateur, en invoquant une atteinte grave à la liberté d’expression. De son côté, Mathieu Madénian constate que l’on ne peut pas rire de ces sujets tout de suite. “Il faut laisser aux gens un laps de temps pour qu’ils digèrent l’actualité. Par exemple, maintenant, tout le monde fait des blagues sur l’affaire Grégory, mais personne ne se permettrait d’en faire sur l’affaire Maëlys”, illustre-t-il.

“Le virer était abusif”. Pour son compère Thomas VDB, même son de cloche. “La blague n’était absolument pas de circonstance, eut égard à l’époque. Je pense que si j’avais eu l’idée de cette blague, je me serais bien abstenu de la faire”, assure le comédien. Il nuance toutefois : “Je pense que le virer était abusif. On aurait pu lui dire publiquement que ce qu’il avait fait, c’était la honte. On aurait pu exiger de lui des excuses. Les choses sont tellement expéditives aujourd’hui…”, déplore-t-il.