24 avril 2019

8h15 - L'interview politique de David Doukhan
Mélenchon veut unir la gauche : “La gauche, ça n’est pas le populisme”, lui répond Faure

Invité de la matinale d’Europe 1, mercredi, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a répondu à l’appel de Jean-Luc Mélenchon, qui veut un rassemblement de la gauche après les élections européennes.
INTERVIEW

Ce n’est pas une fin de non-recevoir, mais cela y ressemble fortement. Mercredi, sur Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a répondu à l’appel de Jean-Luc Mélenchon, qui affirme dans Libération vouloir unir la gauche après les élections européennes.

L'”idée folle” du populisme

Si le scrutin du 26 mai “nous en donne la force, nous assumerons de nouveau notre responsabilité. Nous proposerons de nouveau une fédération populaire à construire dans les élections suivantes et dans les mouvements écologiques et sociaux”, appelle Jean-Luc Mélenchon dans un entretien au journal.

“Ce que je dis à Jean-Luc Mélenchon, c’est que je veux bien rassembler la gauche et c’est même ce pour quoi je me bats depuis des mois”, estime-t-il. “Mais ce que je lui dis aussi, c’est que la gauche, ça n’est pas le populisme, ça ne le sera jamais. Jamais. Cela suppose de sa part qu’il fasse ce pas-là et qu’il abandonne cette idée folle” du populisme de gauche.

Une gauche plus divisée que jamais, mais…

Pour l’heure, la gauche aborde le scrutin des européennes de manière très divisée : se présentent face aux électeurs les listes La France insoumise avec Manon Aubry, Parti communiste avec Ian Brossat, Génération.s avec Benoît Hamon, Place Publique/PS/Nouvelle donne avec Raphaël Glucksmann, EELV avec Yannick Jadot. Aucune de ses formations ne dépasse véritablement les 10% dans les derniers sondages.

“Benoît Hamon a fait 6% en étant le candidat du Parti socialiste, de Génération.s et des écologistes. Aujourd’hui, nous avons un score qui avoisine les 20% si on additionne ces forces-là”, a tempéré le socialiste. En réalité, nous avons ramené une part de notre électorat vers différents partis. Mais là où il y avait une offre unique à l’élection présidentielle, il y a aujourd’hui une offre divisée, ce que je regrette.”
 

Faure veut un “pôle central” à gauche

In fine, Olivier Faure prône peu ou prou la même chose que Jean-Luc Mélenchon avec le rassemblement à gauche après les européennes… mais avec le Parti socialiste et des formations proches de lui comme pôle central : “Il y a déjà une progression, qui n’est pas suffisante, et nous devons viser un score qui nous mettent dans une situation où nous puissions, demain, être à nouveau en mesure de rassembler et d’être un pôle de stabilité à gauche.”