2 février 2018

Village médias
Michel Onfray : “Brigitte Bardot a beaucoup plus fait pour la femme que Simone de Beauvoir”

Pour le philosophe, invité de Village Médias sur Europe 1, les chanteurs des années yéyé ont davantage fait avancer les sujets de société que les philosophes reconnus à cette époque.

INTERVIEW

Si Michel Onfray est coutumier des sorties suscitant la polémique, celle-ci a plutôt tendance à surprendre. Le 10 janvier dernier, dans son journal de la semaine, diffusé sur sa webtélé michelonfray.com, le philosophe rend hommage à France Gall, disparue trois jours plus tôt. Dans le chapô précédant la vidéo, il écrit : “Chanteuse populaire, France Gall avait pris une place dans le cœur des Français. L’occasion d’évoquer le fait que les chansons de cette époque étaient plus en avance que la philosophie.”

Des tubes qui ont fait avancer des sujets de société. France Gall, plus en avance que Gilles Deleuze, Michel Foucault, Roland Barthes, ou Pierre Bourdieu ? Voilà qui a de quoi étonner. “Et pas seulement France Gall, mais tous les chanteurs yéyé !”, soutient Michel Onfray, invité de Village Médias sur Europe 1 vendredi. “Tous les yéyés ont chanté des chansons extraordinaires. B.B. (Brigitte Bardot, ndlr) a beaucoup plus fait pour la femme que Simone de Beauvoir. Il y a des femmes qui ont vu avec Vadim (Roger Vadim, ancien compagnon de Brigitte Bardot, ndrl) ce qu’une femme pouvait être”, argumente le philosophe. Et d’ajouter : “Un grand nombre de chansons ont porté des idées. Les chansons de Delpech sur le divorce (Les Divorcés, ndlr) ont fait beaucoup plus avancer cette question que les grands textes de philosophes publiés au CNRS”, assure-t-il.

Des philosophes “pas du tout gauchistes”. Ainsi, Michel Onfray égratigne les philosophes de cette époque. “Si vous prenez l’œuvre complète de ces philosophes, que vous les mettez en perspective avec la chronologie, vous vous apercevez qu’ils n’ont pas fait Mai-68, mais qu’ils ont été faits par Mai-68. Avant Mai-68, ce sont tous des petits professeurs avec des petites cravates. Ils sont professeurs d’université, ils ont envie de devenir profs à la Sorbonne ou au Collège de France. Puis ils intriguent, ils veulent être proches du pouvoir. Tout ce monde-là n’est pas du tout gauchiste”, souligne Michel Onfray, qui se revendique lui-même comme étant partisan d’une “gauche libertaire”.