23 avril 2018

8h15- L'invitée de Patrick Cohen
Muriel Pénicaud : “Chaque contrat d’apprentissage sera automatiquement financé”

Pour la ministre du Travail, l’objectif de la réforme de l’apprentissage est de changer les mentalités et de valoriser l’apprentissage auprès de ce “million de jeunes qui ne se projettent pas vers l’avenir”. 

INTERVIEW

“Il faut que les jeunes aient la chance d’aller vers des métiers de passion et d’excellence alors que plus d’un million d’entre eux ne se projettent pas vers l’avenir”. Invitée d’Europe 1 matin lundi, la ministre du Travail Muriel Pénicaud présente son plan pour dépoussiérer l’apprentissage en France. 

“Casser les codes”. “A chaque contrat d’apprentissage, le financement sera garanti. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui”, explique Muriel Pénicaud. Après la réforme du code du Travail, la ministre s’attaque donc à un nouveau chantier titanesque avec l’apprentissage. “Avec la campagne que nous lançons ce lundi, #démarretastory, le but est de casser les codes et les idées reçues : beaucoup de jeunes ne savent pas que l’on peut préparer les mêmes diplômes, un CAP, un Bac pro, ou même être ingénieur en passant par l’apprentissage”, dévoile-t-elle.

Une meilleure rémunération et 500 euros pour passer le permis. Avec seulement 300.000 nouveaux apprentis l’an dernier, l’apprentissage n’a intéressé que 7% des jeunes, un chiffre très insuffisant. Alors pour attirer de nouvelles recrues, Muriel Pénicaud a décidé de toucher au porte-monnaie : “On va augmenter la rémunération des apprentis”. “Ils auront chacun 500 euros pour payer la moitié de leur permis, et on va se charger de négocier les prix”, révèle la ministre. Pour autant, Muriel Pénicaud se défend d’avoir un objectif chiffré, “on est plus ambitieux que ça”, glisse-t-elle dans un sourire. Pour mener à bien sa réforme, la ministre veut mobiliser “les jeunes, les entreprises, l’éducation nationale, les régions et les partenaires sociaux”. 

Mobiliser tout le monde, partout. Une mobilisation qui commencent dès l’école, “il va y avoir une découverte des métiers avec tous les collèges et tous les lycées, car la plupart des jeunes n’ont pas une idée réelle des métiers”. “On veut faire des passerelles entre les lycées professionnels et les centres d’apprentissage (CFA), il faut tous les mobiliser sur ce point”, explique la ministre du Travail. “Un lycée professionnel va pouvoir ouvrir des sections d’apprentissage dans les quartiers populaires, pour contribuer à la dynamique”.

Des ouvertures de nouveaux CFA et sections possibles par un changement du mode du financement de l’apprentissage : désormais le milliard et demi d’euros attribué aux régions pour financer les lycées pros iront “aux entreprises et aux jeunes”, explique Muriel Pénicaud. L’objectif affiché est simple : “tout l’argent de l’apprentissage ira à l’apprentissage. Il n’y a plus de limites pour le financement”.