13 décembre 2017

6h20 - L'invité de Raphaëlle Duchemin
NDDL : “Ce n’est pas possible de laisser une zone de non-droit qui viole toutes les lois de la République”

Pour Alain Mustière, président des Ailes pour l’Ouest, l’association pro-aéroport de Notre-Dame des Landes, invité mercredi sur Europe 1, il est urgent d’évacuer la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

INTERVIEW

Le sulfureux dossier “Notre Dame des Landes” arrive mercredi sur le bureau du Premier ministre. Des médiateurs mandatés par le gouvernement ont recensé les avantages et les inconvénients du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL) qui doit remplacer l’actuel aéroport de Nantes Atlantique. Selon ce rapport, la rénovation de l’aéroport de Nantes Atlantique serait quasiment deux fois moins chère que le transfert à Notre Dame des Landes. 

“Le développement futur, c’est NDDL”. Mais pour Alain Mustière, président des Ailes pour l’Ouest, l’association pro-aéroport de Notre-Dame-des-Landes, cet argument n’est pas suffisant pour justifier un arrêt du projet. “Les coûts sont à peu près équivalents à ceux d’une installation à Notre-Dame-des-Landes”, assure-t-il mercredi matin au micro de Raphaëlle Duchemin dans Europe 1 bonjour. “Alors que l’on sait que ce qu’il reste à Nantes Atlantique, c’est la ville à proximité. C’est une zone Natura 2000 en bout de piste. Donc le développement futur est davantage assuré à Notre-Dame-des-Landes qu’à Nantes-Atlantique. Quand on veut un équipement de dessertes très importantes pour rejoindre les villes européennes et un peu plus, c’est Notre-Dame-des-Landes qu’il nous faut. Nantes-Atlantique ne remplira cette mission que partiellement”, plaide-t-il.

“Ce n’est pas possible de laisser une zone de non-droit”. Selon lui, le véritable problème est politique “et de sécurité”. Depuis 2009, le terrain du futur aéroport est occupé par des militants opposés au projet. Aujourd’hui, 200 à 300 zadistes y vivent. “Et il y a un problème d’ordre. Si cette Zad n’avait pas été occupée, cet aéroport serait déjà fait”, ajoute Alain Mustière. “Ils ont fait leur opposition leur fonds de commerce. Mais c’est peu de personnes. Quand vous pensez que cette zone est occupée par 200 à 300 personnes, il reste trois agriculteurs dont un important sur la zone, tous les autres sont partis volontairement, il reste dans des gens gentils qui n’ont rien à faire là et il y a aussi des gens violents”, souligne-t-il. Malgré un risque d’affrontements violents entre zadistes et forces de l’ordre, le président des Ailes pour l’Ouest insiste pour que la Zad soit évacuée. “Ce n’est pas possible de laisser une zone de non-droit qui viole toutes les lois de la République. A un moment donné, il faudra bien que le gouvernement intervienne”.

“On nous a roulés dans la farine”

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes divise les patrons. Si ceux de Loire-Atlantique sont très largement favorables au projet de nouvel aéroport, leurs collègues et voisins vendéens  sont, eux, massivement vent debout contre. “On nous a roulés dans la farine. Cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’a aucune utilité. Tout ce que l’on veut faire à Notre-Dame-des-Landes peut être fait bien plus rapidement et bien plus économiquement à Nantes-Atlantique”, s’emporte Jean-Michel Mousset, président d’une entreprise de transport de 1.300 salariés.

“Neuf patrons sur dix en Vendée sont opposés à Notre-Dame-des-Landes. On est directement impactés par le déménagement de l’aéroport. L’aéroport au nord de la Loire, c’est l’incertitude pour y accéder. Ça peut prendre une heure de plus, et dans le pire des cas c’est trois ou quatre heures de plus. Ce serait un cauchemar”, ajoute-t-il avant de conclure. “Quand on regarde le dossier, on voit clairement que Notre-Dame-des-Landes n’est pas une nécessité. Nantes-Atlantique n’est pas assuré. On est à 5 millions de passagers, avec une seule piste. L’aéroport de Genève est à 15 millions de passagers et projette même de passer à 20 millions. Alors qu’on ne nous raconte pas d’histoire”.